Je voyais très loin au bout de notre immense rue, je reconnaissais papi Suzanne quand il n’était qu’une vague silhouette, je voyais des oiseaux dans le ciel que ma mère devinait à peine, ma vue était perçante et parfaite. Je me souviens encore du choc que j’ai ressenti, quand soudain je n’ai plus vu correctement.

J’avais 7 ans quand ma mère a choisi ma première paire de lunettes, quand tous les trois ou quatre mois on retournait changer mes verres ; ma vue chutait. Ma mère flippait, elle disait que j’allais devenir aveugle à ce rythme et j’ai flippé quand j’ai lu l’histoire de cette petite fille qui devient aveugle parce qu’elle ne porte pas de lunettes (je ne retrouve pas le titre du livre.. elle entrainait des enfants à faire croire qu’ils voyaient la vierge Marie dans un contexte ouvrier et pauvre). Je me souviens encore du visage de ma mère « ah bon on peut être en négatif ?! Mais elle n’est pas aveugle pourtant ! ».

Je ne suis évidemment pas devenue aveugle, ça c’est stabilisé et ma vie a changé quand ils ont fait des verres amincissants.

Je viens d’apprendre que c’était ma maladie.
Que l’imagination et la créativité également. Drôle de symptôme que celui-là.

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