Histoires pour distraire ma psy

Titre : Jean-Louis Fournier
 
Allô, bonjour, nous sommes ravis de vous accueillir à S.O.S. Désespoir. Nous sommes à votre service vingt-quatre heures sur vingt-quatre, nous mettons tout en oeuvre pour vous être agréable. Nous allons vous mettre en relation avec notre serveur vocal. Pour nous permettre de mieux vous aider, veuillez fournir scrupuleusement toutes les indications demandées.
Vous êtes désespéré :
– Un peu, tapez 1.
– Beaucoup, tapez 2.
– Au point de vous supprimer, tapez 3.

Vous avez tapé 3, vous êtes désespéré au point de vous supprimer.
Validez votre choix en tapant sur étoile.
– Immédiatement, tapez 1.
– Demain, tapez 2.
– Autre jour, tapez 3.

Vous avez tapé 1, vous êtes désespéré au point de vous supprimer, vous souhaitez vous supprimer immédiatement.
Validez votre choix en tapant sur étoile.

Par quel moyen souhaitez-vous vous supprimer ?
– Pendaison, tapez 1.
– Arme à feu, tapez 2.
– Poison, tapez 3.
– Gaz, tapez 4.
– Autre moyen, tapez 5.

Vous avez tapé 5, vous êtes désespéré au point de vous supprimer, vous souhaitez vous supprimer immédiatement, vous souhaitez vous supprimer par un autre moyen.
Validez votre choix en tapant sur étoile.

Ne quittez pas, nous allons vous mettre en relation avec notre cellule de soutien psychologique.
Veuillez auparavant taper le numéro à 16 chiffres de votre carte bancaire, les 4 chiffres de la date de validité (mois et année), les 3 derniers chiffres du pictogramme qui se trouve au dos de votre carte de paiement..

… Attention, nous n’avons pas saisi les chiffres de votre carte bancaire…

… Attention, nous n’avons pas saisi les chiffres de votre carte bancaire…

… Attention, nous n’avons pas saisi les chiffres de votre carte bancaire…

Veuillez renouveler votre appel. S.O.S. Désespoir vous souhaite une bonne journée !…

 

Breezy No Breezy by Grand Archives on Grooveshark

 

Il a appuyé sur la pédale de la machine et j’ai hurlé, de terreur d’angoisse de douleur sans douleur de panique j’ai hurlé si fort qu’il a pleuré complètement affolé avec des hoquets qui secouaient son corps.. J’ai traumatisé mon tout petit parce que j’avais mes doigts à 3 millimètres des deux aiguilles parce que je tenais le tissu parce qu’il aurait pu me faire revivre l’enfer d’hier parce que oui c’était hier vraiment et que je n’étais pas prête, que je ne serai jamais prête à revivre ça.
Je l’ai traumatisé au point qu’il s’est endormi dans mes bras, les larmes coulant encore sur ses joues.

Il y a des chemins que je ne peux songer fouler de nouveau, et pourtant je vois bien que ce qu’on croit impossible est remis sous nos pas avec une régularité crispante.
J’ai aussi pleinement conscience que c’était disproportionné et n’importe quoi.

Je m’excuse aujourd’hui auprès de mes enfants pour le psy qu’ils verront plus tard.

Lac de Chambon

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4 commentaires sur “4”

    1. Oui absolument, j’ai une tendance à l’exagération sur le blog quand je me laisse emporter ^^

      Oui bien sûr, y’a plus traumatisant, y’a toujours même d’ailleurs. Comme je suis la seule maman qu’ils vivent, à ma mesure oui je peux être un boulet traumatisant pour eux. Je ne pourrai jamais être parfaite, ni avoir les réactions appropriées à tout moment (heureusement tu me diras.. je leur laisse de la marge pour faire mieux plus tard :p )

    1. Même réponse alors 😉
      Y’a pire, mais je peux faire mieux, je voudrais faire mieux parce que je crie encore bien trop souvent sous l’effet de la douleur. Le jour où je contrôle ça, j’aurai tout gagné (et eux aussi).

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