Il suffit d'un mot

Le coffre enchanté

Titre : Jean-François Chabas
 
Ce que nous croyons posséder ne compte-t-il pas autant à nos yeux que ce que nous possédons vraiment ?

 

J’ai petit à petit, perdu l’usage de mes mains. Ça c’est fait discrètement sur une dizaine de jours, jusqu’à ce que je ne puisse plus ne pas le voir : serrais-je une casserole pour la tenir que mes doigts gardaient la position, sans la casserole dans la main. N’allez pas croire ; si les mots peuvent être amusant, la douleur elle ne l’était pas.
Hier fut la pire de mes journées. Je ne pouvais plus écrire, plus serrer, plus tenir un objet. Rien. J’ai perdu mon moral avec mes mains rigidifiées sur les choses, jusqu’à ce que je réalise que nous avions coupé le chauffage, mais que le froid était dur pour moi (19°C humide, vraiment, c’est froid dans la maison je vous assure). Nous avons donc testé, à deux jours du mois de mai, de remettre le chauffage. Il fait 20°C (mais chaud, pas humide), la chaudière a lâché avant de repartir comme si de rien n’était, et mes mains ont fait la même chose. Comme si de rien n’était.

Alors, comme chaque fois après avoir été empêchée de bouger, je passe en mode tornade.
Un jour j’ai reçu un carton de vêtements, et j’en ai fait un coffre à peluches/déguisement. Évidemment, le principe du carton, c’est que ça s’effondre au bout d’un certain temps (et que c’est moche). J’ai donc pensé en acheter un, un vrai, en bois véritable. En regardant les prix, j’ai blêmi et j’ai pensé qu’il était temps d’accepter l’idée que j’étais tout à fait capable de réparer le coffre en osier que je garde depuis deux ans dans cette optique (mais dont je ne m’occupe pas parce que je ne m’en sens pas capable).

Je me suis lancée cette après-midi.
Seul l’intérieur est fait pour l’instant (en tissu polaire marron), mais je suis fière de moi. Et puis j’ai été euh.. aidée. Huuumm. Je n’ai pas photographié le travail final je m’aperçois, mais il y a du tissu sur tout l’intérieur, et demain peut-être, je couvrirai l’extérieur de feutrine rouge.

Bon bien sûr maintenant, mes mains, elles sont inutilisables (et je tape un tas de lettres en trop c’est pénible).
Mais je suis fière de mon travail, et c’est presque plus important !

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13 Comments:

  1. Une pokebox pour emporter partout son pokemon en voyage avec soi ; quelle excellente idée !

    (Oui, j’appelle les enfants les pokemon, je n’ai jamais joué au jeu ni regardé la série animée mais je rêve d’une paire de pantoufles Pikachû et puis j’adore faire semblant de détester les enfants.)

    1. (Laissé un commentaire chez toi, peut-être parti en spam ? Aucun message affiché, je préfère en parler )

      Jamais joué non plus, ni regardé, ni aimé, ni rien qui s’en approche de prêt ou de loin ^^ Mais je vais tout de même poser la question : pourquoi ne te l’achètes-tu pas ?!

      Pas de problème, il m’arrive moi aussi de faire semblant de détester les enfants et de fort rares fois de les détester réellement le temps d’un battement de cœur.

      Le coffre en question contient même deux pokemons, donc 😛 Ils sont serrés, se disputent la place, mais ça tient !

      1. Je ne l’achète pas pour une raison navrante, un truc surestimé ayant trait à la dignité et autres fantaisies du même acabit. Et puis, on m’a offert des pantoufles, que j’exècre, mais un cadeau est un cadeau.

        Et j’ai quand même des pantoufles Homer SImpson chez ma mère, pour compenser. ^^

        (Commentaire sauvé et approuvé ; merci !)

        1. Aie. On pourrait croire que certains cadeaux sont le pire des poisons mais en réalité je pense que le pire c’est de se les infliger. Une vie une seule, et conserver à ses pieds quelque chose d’insupportable ? Tu te détestes donc à ce point ?

          Bon pour la dignité je comprends, Pokémon hein. Paradoxalement, la dignité, c’est très surfait. Je me suis longtemps promenée avec une cape en velours rouge (faite par mes soins) et tout le monde me demandait si j’avais vu le loup ou si j’étais le chaperon rouge (un grand manque d’imagination, les gens). La dignité, autant la laisser aux autres ils ont l’air de savoir quoi en faire ^^

          1. Tu devais être magnifique avec ta cape. En plus, j’adore les trois « couleurs interdites », dans l’ordre rouge, blanc et noir. Surtout le rouge, en fait, puisque blanc et noir sont des tons (ce que j’ai une fois remarqué à un type qui disait ne pas vouloir être servi par une personne de couleur ; or le serveur était d’origine africaine).

            Non, vraiment, une cape, c’est digne et élégant. Tant pis pour autrui et son manque d’éducation ! Comme je l’expliquais à un élève ce matin, ce n’est parce que tu es daltonien que le soleil change de couleur. La majorité peut penser qu’une cape est ridicule, seul l’avis des érudits compte.

            (Et toc.)

            Quant aux chaussons, j’exagère. Ils ne sont pas inconfortables et, surtout, je vivrais beaucoup plus mal le fait de piétiner une bonne volonté.

            1. J’ai mis 2 ou 3 ans avant d’oser me faire cette cape, tant j’ai été formée à être invisible (et choisir le tissu rouge, vraiment, je crois que j’avais quelque chose à me prouver ^^). Et parfois je ne me sentais pas, je m’habillais autrement. Avec le temps, j’ai assumé de mieux en mieux. Je l’ai donnée à ma meilleure amie (qui en portait bien avant moi), la cape est devenue trop lourde pour moi (polaire + velours, elle pesait quelques kilos !). Je la regrette parfois.. 🙂 J’avais ajouté à la cape, la couleur de mes cheveux, que j’avais teint en rouge/bordeaux. C’était magique.

              Je confirme, la cape est élégance 🙂

              Blanche avait fait de belles photos, je peux essayer d’en retrouver si tu veux ^^

              Couleurs interdites ? Rouge oui en effet. Noir et blanc par contre ? Au contraire le monde entier me semble porter du noir ou du gris.. que le monde est donc fade.

              Oh le gars a osé dire une horreur pareille.. Que de connerie.. et ce serveur qui a du terminer sa journée de travail, avec ça dans la tête..

              *

              L’avantage d’un chausson, c’est qu’il finit par s’user !
              C’est délicat, un cadeau, y’a pas à dire.. 🙂 Et puis le geste est parfois infiniment plus important, la personne trop précieuse. Et si le cadeau ne plait pas, il peut pourtant lui aussi devenir précieux.
              J’aime ces chemins tortueux que l’on peut prendre..

              1. Je me dis toujours que si je ne fais pas quelque chose maintenant, c’est que l’idée n’est pas encore prête. Du coup, les gens ont parfois (souvent ?) une image assez velléitaire de moi, mais le fait est que quand je me lance, j’y vais au bazooka façon Charles Bronson (allusion honteuse à un certain texte apocryphe).

                Je ne me suis jamais teint les cheveux en rouge — une fois un spray orange le temps d’un carnaval où un S.D.F. m’a pris pour un clochard concurrent —, mais mon premier casque était rouge un peu bordeaux et s’accordait avec ma première moto ; moi et mon souci de l’esthétique…

                …qui me pousse, plus que la curiosité, à voir ces photos. ^^

                Couleurs interdites, car reprenant celle d’un certain drapeau adoré par les gens refusant d’être servis par des personnes de ton — enfin : de couleur — alors que d’une part je trouve contradictoire de demander à sa propre race supérieure de faire le service (ou alors, il y a différents niveaux de races supérieures, avec une race plus supérieure que supérieure, comme les lessives qui lavent plus blanc que blanc ; Adolf H. écrivait qu’une affiche doit faire appel très peu à la raison et beaucoup à la passion et je devine que les publicitaires l’ont bien compris…) et que d’autre part, ledit Adolf H. méprisait la France ; être Français et soutenir les idées d’Adolf H. jusqu’à reprendre son parti est donc une traîtrise envers l’Etat qu’ils se targuent de défendre. Bref, c’est juste bête et je ne supporte pas la bêtise.

                Mais le serveur doit garder un bon souvenir de moi vu comment le mec a pris la mouche du fait de ma remarque. 😀

                Oui, les cadeaux sont une question plus épineuse encore que la querelle des universaux. Mais je dois admettre que de toute façon, je suis tellement passif vis-à-vis de ces choses-là qu’en guise de chaussons, j’aurai été acheter un aspirateur robot réglé en nettoyage journalier pour continuer à marcher pieds nus ; va nu-pieds, mais pas sale ! 😉

                (C’est toi qui a chois les mots anti-spam, non ?)

                1. J’ai trouvé une photo, elle illustrera le prochain post !

                  Ah oui je vois pour les couleurs.. effarant. La bêtise n’a pas de limite.

                  Oh je t’avouerai sincèrement préférer l’aspirateur et le sol impeccable (parce que vraiment c’est insupportable, le gravier ou la miette sous le pied). Marcher pied nu, le bonheur.. J’attends le (vrai) printemps ou à défaut l’été pour pouvoir de nouveau en profiter. Le carrelage est si froid, il est impossible d’en profiter. Une grande tristesse.

                  Oui c’est moi qui ai choisi les mots anti-spam 😉 Ca m’a pris une semaine pour trouver le pluggin capable de me laisser décider de ce que j’y voulais ^^ (tu peux en déduire sans risque de t’y tromper que je suis fan de Pratchett. Hésite pas).

                  1. Ah, Pratchett. Mon plus beau souvenir de lui remonte à son duo avec Neil Gaiman. 😀

                    L’été semble revenir, mais, en même temps, je suis du genre qui oublie de prendre son blouson en hiver et ne s’en rend compte qu’au travers du regard horrifié (et jubilatoire, j’avoue) des gens.

                    J’ai hâte de voir la photo. 🙂

                    1. Un de mes livres préférés (il y en a beaucoup si on gratte un peu je sais je sais), Rampa étant un personnage que j’adore vraiment. Celui-là j’ai bien du le lire 5 ou 6 fois 😉
                      Sinon il y a Les Petits Dieux. Que je dois relire absolument, j’en ai trop oublié et c’est un crime.

                      Oublier ton blouson ? En plein hiver ? Tu n’habites pas la montagne, je ne vois que ça en explication ‘_’ (oui je suis horrifiée !)
                      C’est amusant.. je n’ai pas de regard horrifié quand je vois des personnes manches courtes sous la neige (perplexe intérieurement par contre, oui), mais l’idée évoquée m’horrifie complètement ! Je suis bizarre en fait uh uh.

                      La photo est postée 😉

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