Le tourbillon des jours

Titre : Susan Wiggs
 
La danse est la jonction de deux êtres qui vibrent au même rythme, sans poursuivre d’autre but que leur plaisir physique mutuel.

 

High Heels by Mando Diao on Grooveshark

 

Maman tu as les cheveux qui brillent, Oui chéri ce sont les cheveux blancs qui parlent. Je pense même qu’ils pétillent de bonheur. Mes cheveux roux, plus courts même si toujours longs, ils pourraient presque faire croire que je suis en pleine forme. Je tourne, plie le linge, danse sur quelques pas parce que la musique, range. Tout mon corps cherche à dormir, mes articulations appellent la chaleur, et dehors il fait froid, si froid. Nous allons devoir sortir pourtant, voir le médecin pour la vilaine varicelle qui couvre le corps de mon tout petit, le médecin que je n’aime pas parce que la mienne n’y est pas. Si elle avait été là, je lui aurais dit ma fatigue. J’ai besoin de la dire à quelqu’un. Juste dire j’ai mal j’ai froid je suis fatiguée. Même si cela ne sert à rien.

Après la chambre de Prince, c’est au tour de celle de Hibou de rendre les armes : un meuble puis un autre a lâché dans un grand crac.
Un meuble ne devrait pas avoir le droit de parler.
J’ai bien entendu la plainte, je vois bien la pagaille que cela met, les vêtements devenus in-rangeables, le tiroir cassé posé au sol de notre chambre, le trou béant dans le meuble, les deux autres tiroirs de l’autre meuble qui tiennent mais font mal aux mains parce que brisés, la pagaille la pagaille la pagaille. Je ne sais pas comment y remédier. J’aimais quand à GrandeVille, je trouvais dans la rue ce dont j’avais besoin, j’aimais cette seconde vie des choses. Je ne suis plus à GrandeVille, je suis dans VilleBourgeoise. Et VilleBourgeoise ne donne pas ses affaires, elle a mis de l’argent dans des meubles qui ne disent pas crac et au mieux elle les jette consciencieusement à la déchetterie.
VilleBourgeoise me sort pas les yeux.

Et puis ce long we où nous ne pouvons aller nul part, parce que varicelle, encore elle. Ma fatigue ne pourrait pas me mener en réalité, mais je me plaisais à croire que. Revoir mille bulles quelques heures. Mais non, rien. Je suis lasse.

J’ai besoin de partir, quelque part, prendre des photos, tourbillonner sur de la musique et m’y perdre m’y fondre y disparaitre, et célébrer un soleil qui réchauffe. Un soleil qui danse dans mes cheveux roux pendant que je tournoie vole et tourbillonne.
Il y a en moi, toute la danse du monde. Et si je n’avais pas mes douleurs, je danserais toute la journée sur les couleurs de la musique, ces couleurs qui volent et tournoient et tourbillonnent.

Je pourrais mourir dans son intensité. Il suffit de fermer les yeux.
 

fleurs séchées orange

 

Dance With Somebody by Mando Diao on Grooveshark

 

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5 commentaires sur “5”

  1. La musique est le départ qui prend son temps pour éclore
    Les couleurs qui tourbillonnent et éloignent la mort
    Le temps ne pouvant se suspendre au rythme trop fort
    La mélancolie du soir devenant le voyage de l’aurore

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