Pensine

Pas facile d’être sorcier

Titre : Chantal Cahour
 
Tante Philomène parlait de menthe « poivrée ». Quand fallait-il la poivrer?

 

Pista 10 by Meanwhile, Back in Communist Russia… on Grooveshark

 

Il m’a tirée d’un état méditatif.

Il a sonné à la porte quatre fois, tous les coups à la fois sans respirer. J’étais à côté de ma fenêtre je l’ai ouverte mais pas assez vite, quatre coups sans respirer ça va plus vite que ma main pour ouvrir. Je me demande encore s’il aurait continué jusqu’à ce que j’ouvre la porte, sonner sonner sonner. J’ai ouvert la fenêtre alors qu’il attendait la porte et il m’a regardé en coin ; son regard a tourné sans sa tête. Suspicieux.
_ Êtes-vous Vous ?

Et j’étais moi.
Il était Lui le vérificateur de Pas-d’Images. Cette chose que le commun appelle Télévision et que j’appelle Lavage-de-Cerveau.
Il m’a montré sa carte pour me prouver qu’il était Lui en se justifiant je suis obligé de la montrer, il a vaguement regardé le salon et j’ai commencé à lui dire je crois que la prise est derrière le congélateur et dans le salon derrière la chaise là, mais il m’a coupé la parole ça ne l’intéressait pas.
Je n’avais pas de télévision, il me l’a demandé et j’ai confirmé j’ai promis juré craché presque et j’ai eu mon premier sourire.

Nous sommes dans un monde où l’on doit justifier ne pas être un mouton et préférer le silence ou la musique au verbiage incessant régurgité par un écran.
Tout de même.
Je ne sais pas réfléchir comme les gens, ces autres importants qui m’impressionnent de savoir de culture et d’idées ; je ne sais pas aligner les idées, relier les idées, avoir une idée et la transmettre. Je n’ai pas cette capacité à la rhétorique, débattre, m’imposer, discuter.
Je ne vais pas en plus écouter la tv.

Il est reparti détendu, et je lui ai offert un sourire.
J’ai eu la sensation que toutes ses visites ne devaient pas être faciles.
J’ai eu la sensation que le monde n’était pas facile. Cela faisait longtemps, que je ne l’avais pas senti.

Hier.

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

16 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *