Il suffit d'un mot

Juste après la pluie

Titre : Thomas Vinau
 
Au jour sans jour
 
Le matin est en cendre
et demain est en miette
nous jouons dans nos ruines

 

Il y a eu ce moment où j’ai tout gardé en moi je n’avais pas la place pour pleurer et où je me suis hérissée, dans l’ombre noire et suintante de la déchirure. J’ai crié, je me suis énervée, j’ai hurlé, je me suis calmée, j’ai grogné, j’ai explosé et j’avais l’impression d’enfler de violence contenue de rage de colère de désespoir d’incohérence. De ne plus rien maitriser. Débordante, le nœud au ventre et les griffes sur la voix qui portait si loin.

Et puis. Cet instant où le monde bascule, se fracasse et rien n’est rattrapable tout s’effondre la vague gonfle monte prend de l’ampleur et broie sous son eau, ravage les sens et laisse pantelant, les cheveux seuls pour cacher les perles solitaires quand le monde semble se reprendre.
Combien de cris silencieux contiennent les larmes versées, de souffrance posée, d’eau entre les doigts.. ?

J’ai pleuré.

La mort d’un petit dans le ventre de sa maman me bouleverse et me brise.

J’ai eu ce besoin de m’attendre autour d’une tasse de thé mais sans les larmes et sans toi, maintenant que les nuages étaient partis et l’été installé.
Et j’y étais.
Il y a ce soleil qui m’y attendait son odeur encore chaude et les fleurs qui se tendaient vers ses rayons, ce ciel bleu étonné d’être invité, mon livre des éveillés et mon âme qui séchait. J’ai retrouvé quelques perles égarées, déconcertantes et étincelantes sous le soleil. Nous nous sommes apprivoisés de mots et j’ai tourné les pages. J’ai tissé des rêves que j’ai déposé dans mes mains.

Chuchoter les rêves et les tisser.

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