Vent d’Est, vent d’Ouest

Vent d’Est, vent d’Ouest

nuages

Titre : Pearl Buck
 
Je puis vous raconter ces choses, à vous, ma sœur. Je ne saurais en parler avec l’un des miens, car il ne se ferait aucune idée de ces contrées lointaines où mon mari a passé douze ans, et je ne me sentirais pas libre non plus auprès de ces étrangères qui ne connaissent ni mon peuple ni notre manière de vivre depuis l’Ancien Empire. Mais vous ? Vous avez passé votre existence entière parmi nous. Même si vous appartenez au pays où mon mari a étudié dans ses livres occidentaux, vous comprendrez, je ne vous cacherai rien. Je vous ai appelée ma sœur, je vous dirai tout.
(..)
Quant à moi, je veux suivre les voies nouvelles.

 

Something For Myself by Dark Dark Dark on Grooveshark

 

J’ai rêvé de Vous.
J’habitais un endroit perdu et magnifique, en pleine montagne. J’appelais l’une de Vous dans mon immense bibliothèque, entourée par des hauteurs de livres inimaginables, ne sachant l’accueil. Je disais j’ai besoin de rire et à défaut je souriais. Tu raccrochais en me disant je te rappelle tout de suite. Et quand le téléphone s’est mis à sonner, c’était une autre toi amie de toi, qui me disait C’est Audrey. Tu ne t’appelles pas Audrey mais un rêve ne se maitrise pas. Et nous parlions, nous parlions.. je t’écoutais.

Toute ma relation avec les gens se tient dans cette conversation. J’écoute. Je suis si rarement écoutée, je m’efface pour raconter ce que j’ai pu vivre dans le passé et vous aider, mais où est l’écoute de l’instant ? J’écoute. Et ensuite vient à moi le manque de confiance dans mon amitié. L’humanité entière a besoin d’être écoutée. Je fatigue d’écouter sans retour, et c’est pourtant ce qu’on m’offre. Ai-je oublié comment demander l’aide, le retour, l’écoute ?

Je crois que mon plus gros travail est sur ma confiance dans ma relation à l’autre.

J’ai besoin de partager rires mots silence thé regards. Intimité. Je manque de confiance dans celle que je suis par le manque d’intérêt commun avec les autres, ce que je ne suis pas et que vous êtes, cet étendard de féminité de débats de culture. Je me voudrais dans un cercle qui ne me convient absolument pas. Je vous ai rêvées sur deux nuits, pourtant vous n’êtes que le symbole, pas la clé.

Je savoure la sérénité intense après chacun de ses rêves.

J’avance sur les mots, je glisse et m’évade sur les arbres, je suis mon monde et mon monde est moi.
Je tourne la feuille et la laisse s’envoler.

Entendez-vous les rires dans le vent ?