Sous la peau bougent les mots et je peine à les voir chacun séparément. Ils jouent ensemble, ils se précipitent, ils veulent tous leur histoire et les choisir c’est comme regarder une goutte d’eau sous la douche : on la perd sous la cascade.
Je me retrouve noyée, sur une histoire puis une autre, un début un milieu pas de fin, des personnages avec qui je fais connaissance et d’autres qui débarquent comme la neige en plein été.
N’ayons pas peur de le dire. C’est le bordel.

Il y a les mots qui dansent sous mes yeux, il y a ceux qui s’écrivent et puis ceux qui ne parlent pas. Si la plume laisse couler les mots sans suite, la langue bute et cherche. Je ne sais plus prononcer une phrase sans chercher un mot qui m’échappe. Je suis comme enfermée en moi, absente à ce qui m’entoure, les mains sur les parois d’une vitre invisible.

[su_quote]– Tu le mets dans la poubelle compost s’il te plait ?
– Elle est où ?..
– Elle est sur .. euh.. tu sais.. la truc là.. rhaaaa..
– La machine à laver ?
– .. c’est ça..
[/su_quote]

Et puis il y a l’enfant à la peau brûlante qui se presse contre moi, dis des mots étranges, ferme les yeux.
Il s’envole. Il me ramène à moi, sa chaleur qui se communique à mon corps et les mots qui font moins de bruit.
Je le serre contre moi.
Je me demande quand ça sera enfin terminé, cette épidémie familiale qui semble ne concerner que nous et qui a laissé le médecin dubitatif.
Je me demande, le corps brûlant contre moi et les mots plus calmes, si j’arriverai à écrire tout ce qu’il y a en moi.

J’ai peur vous savez.
Vraiment peur.
De ne pas y arriver.

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