On a toujours trop

 

Va Voir Ailleurs by Christophe Maé on Grooveshark

 

Envahie d’une tristesse reliée à un vide qui ne s’est pas nommé, j’ai fait un bilan de notre réalité de vie, avec un brin de colère pour les mots envolés et beaucoup de fatigue.
Je balaye.

Je ne suis pas faite pour la demi-mesure, les demi-connaissances, les demi-réponses, les demi-mots et les passages éclairs dans la vie des autres. Je vis pleinement dans la vie ou ne vis pas.
J’entre en chaque instant dans un monde parallèle. Doucement. Toute l’importance de ma stabilité.

Je balaye. J’assainis. Je vis, ailleurs, autrement.

Blanche m’a dit ta maison te ressemble, et elle a un peu raison et un peu tort. J’y mets de moi dans chaque pièce, des mots des papillons des morceaux de bois d’écorces de branches des arbres de dragons. Trop de pagaille encore, dans ma vie, dans ma maison, dans mes relations.

Je me projette sur une autre vie, un autre sens, un autre souffle. Je bouleverse mes pensées sur le long terme. Ne plus être malmenée, créer le silence. Me sentir vivre. J’amorce l’ouragan qui va m’aider à vivre avec le strict nécessaire. A partir sans regret.
Nomade.

Je balaye. Je jette, je donne, je vide.

J’ai retrouvé, abandonné dans ce vide, des recettes de ma grand-mère, certaines avec son écriture, d’autres avec mon écriture d’il y a 24 ans. J’ai rajeuni sous mes lettres arrondies et encore enfantines, j’ai retiré trois livres de cuisine (si quelqu’un les veut ?) et les deux autres vont bientôt suivre, je n’en garderai que mon carnet de recettes que je recrée, j’ai viré des ustensiles qui n’ont pas servis depuis la nuit des temps. Je mets en vente ma collection de timbres, dernière de mes collections dernière me reliant à une ancienne vie une ancienne moi une ancienne plaie.

Les dix ans s’approchent s’accrochent s’échouent. J’ai un carton à ouvrir. A balayer.

Minimaliste. Je tente. Je débute. Je trébucherai peut-être et puis je reprendrai. L’essentiel.
Ne conserver que l’essentiel.

La réalité nous ferait presque croire qu’elle est importante.
Et puis j’ai balayé.
 
 
 
 
 
 
 
 

dragons

Dessins de LeChat, reproduction depuis un livre.

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9 commentaires sur “9”

  1. Je ne les ai jamais désertés.

    Et c’est ce caractère entier, passionné, exacerbé par l’absurde indolence d’autrui qui a conduit tant de gens formidables à la folie; ta note m’a fait penser à cela.

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