Il suffit d'un mot

Je m’accompagne

Je vide ma maison de meubles et d’objets, je pleure je pleure je pleure et j’ai encore autant de choses dans ma maison que de larmes en moi.

Ce n’est pas rassurant.

Je me vide de toute mon eau, je suis au plus profond de mon désespoir et je ne m’arrête plus. Je pleure et crie tant que parfois je ne peux qu’être contre LeChat, et il reçoit mes larmes dans ses bras.

Je pleure et il ne me vient que pardonne-moi.

Je suis la maman la plus lamentable que je fréquente.

Et pendant que je verse un océan, que mon fils de 6 ans voit le monde sombre, ne sourit qu’à grande peine et se perd dans la mélancolie de ses propres larmes, nous jetons la maison. Ça n’a pas l’air comme ça, mais c’est très peu.

Un bureau, un meuble à tiroir aux poignées cassées, deux cartons débordants, un énorme sac de (mes) vêtements (pour Emmaüs), un énorme sac de jouets délaissés/en trop/abimés/cassés, un énorme sac de jouets impeccables (à donner), une maison de poupée en bois avec meubles (à donner), deux sacs (de gros) jouets en suspens, des trucs encombrants, des portes-manteaux, des planches, le buste homme, le matelas, des livres de cuisine, des ustensiles, des objets dont on ne s’est pas servis depuis que la dernière étoile est née. Il y a à notre porte tout un inutile qui n’aurait jamais du rester entre nos murs, attendant la déchetterie.
Et son poids en larmes.

Mais la maison est toujours pleine et je pleure tout autant.
Je ne sais pas si je vais arrêter de pleurer. Je ne sais pas si nous allons arriver à ne conserver que l’essentiel, même en plusieurs étapes. Mon cœur parfois secoue ses idées comme une pluie et j’entends de tout jeter sans regarder.
Je ne suis pas encore prête.
Je déleste ma maison.
Je me déleste.

Et je n’en vois pas le bout.

Ce matin, je ressens le puits de larmes et le sentiment de bien-être mêlé.
Déconcertant.

pagaille à jeter

La moitié jetée. L’autre moitié étant dans une autre pièce.

Like

6 Comments:

  1. ddc

    Ton exemple est inspirant. Pourquoi nous laissons-nous retenir par ces objets, quels liens obscurs et symboliques entretenons-nous avec eux, quels souvenirs matérialisent-ils, quels manques viennent-ils combler ?
    Tant de choses pèsent inutilement sur nos vies et nous empêchent d’être (un peu plus) libres ! Il faut que je trouve le courage de m’y mettre, que je parvienne à écarter la crainte du regret. J’y suis attachée, comme on dit avec justesse…

    1. Je ne sais pas et c’est complètement fou d’être ainsi lié à des objets qu’on n’arrive pas à écarter.
      Il y a dans la balance, chez moi en tout cas, très fortement ancré le besoin de ne pas jeter quelque chose qui peut servir à d’autres, qui n’est pas cassé, qui est en (très) bon état. Je ressens comme insupportable l’idée de jeter quelque chose à la poubelle, alors que cet objet à créé des pertes d’arbres/de la pollution/autre.

      J’ai par exemple dans un sac plastique au fond d’un tiroir, une bonne trentaine (plus ?) de stylos (bleu/rouge/noir/vert/autre) qui fonctionnent et dont je ne sais que faire. Je n’en ai clairement pas besoin, j’aurais besoin de m’en débarrasser, mais ils fonctionnent et je ne suis pas capable de les jeter.
      Tu mets ça à la grandeur de la maison, et on a une bonne idée de l’encombrement..

      1. ddc

        Je comprends tout à fait, je suis pareille ^^’ Même quand l’objet n’est plus en bon état, du moment qu’il peut toujours servir… je me demande si ce n’est pas une projection et une peur de l’abandon ou du rejet *_*

        Pour les stylos, marqueurs, nœuds à cheveux (d’enfant, jamais servis), etc. j’avais trouvé preneur via freecycle. Quand on sait que ça va servir, c’est plus facile de s’alléger ! 🙂

        1. Combler ce qui a manqué.. oui je pense que c’est de cet ordre.

          Oui c’est exactement ça, « quand on sait que ça va trouver preneur » !
          A la décharge, le gars qui s’en occupe récupère les meubles pas mis en planches (on le savait pas.. on saura), et tout ce qui est en bon état. Le buste homme de couture, moi je n’avais pas réussi à trouver preneur, lui visiblement il sait. J’ai été contente qu’il le prenne. Qu’il donne, vende, je m’en fiche. Ce n’est pas jeté, quel bonheur ^^

          Freecycle est bien loin de chez nous, prendre l’autoroute pendant 30 minutes pour des stylos manque de crédibilité écologique. Mais je retiens, je vais tenter de voir sur cet ordre d’idées, merci 🙂

  2. ddc

    Ne le crie pas trop fort, c’est illégal (ici, du moins) de récupérer les choses que les autres jettent à la déchetterie (ou déposent sur leur trottoir le jour où les « encombrants » passent) et cet homme pourrait peut-être avoir des problèmes… oui, ce monde est fou ! >.<

    Freecycle, loin ? Euh, on ne doit pas parler de la même chose, j'évoquais les groupes virtuels qui mettent en contact les offrants et les demandeurs. Je m'étais inscrite au groupe de Bruxelles car il n'y en avait pas plus près de chez moi, mais les membres venaient de divers horizons et les rdv pour récupérer les objets peuvent se faire chez toi.
    Il y a de plus en plus de "donneries virtuelles" qui se mettent en place, c'est chouette 🙂

    1. Pourquoi ça ne m’étonne pas ?! Oui le monde est fou.. Je me souviens à GrandeVille (une autre vie ^^), on avait effectivement pas le droit de prendre dans la rue quand ils passaient. Les gens le faisaient quand même, ils disaient rien ils étaient sympa..

      Ici on n’a pas de passage, nous devons nous déplacer. C’est plus compliqué du coup.

      Pardon, c’est moi qui ai mal compris je me rends compte ^^ Quand j’ai cherché, je l’ai vu localisé à 30min d’ici, mais seulement le groupe virtuel lui-même donc ^^’
      Je testerai pour voir si les stylos peuvent intéresser alors 🙂

Leave a Reply:

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :