Il suffit d'un mot

Le monde sans nuage

Il ne rentre pas ce soir by Eddy Mitchell on Grooveshark

 

Depuis une année que la vie mène sa barque avec moi assise au centre mais qui ne voit rien, mes lunettes ont petit à petit perdu le revêtement anti-reflet. L’anti-reflet, je pouvais vivre sans pendant une année mais il n’a pas fait la chose doucement ni en silence : le verre de mes lunettes est devenu opaque. Imaginez des lunettes pleines de traces de doigts graisseux jamais lavées, agrémentées d’un peu de rayures et d’éclaboussures du robinet, et vous avez une idée de l’état de mes lunettes.

Je voyais le monde à travers un nuage. A la poète que je peux être parfois, cela aurait pu plaire mais honnêtement j’ai la poésie qui s’arrête au niveau de mes yeux. Une année pleine que je soupire et m’agace de mes verres, une année à attendre un rendez-vous qui tardait, tardait, tardait. Si vous hésitez sur le métier à faire, pensez à ophtalmo, ça manque.

Mon rendez-vous est enfin arrivé, on a corrigé mon astigmatisme et à peine la myopie (je frôle malgré tout le -6) , et j’ai passé 45 minutes (je n’avais jamais mis autant de temps !) à choisir mes nouvelles lunettes à 11 euros (non la perspective d’attendre 2h sans rien voir, que mes verres soient montés sur l’ancienne monture ne m’enchantait pas. Mais je les conserve précieusement pour le prochain changement de verres).

Et ce matin. Elles sont enfin arrivées.

J’ai quelques difficultés à m’habituer. Elles sont grandes alors que depuis près de 10 ans (et deux paires de lunettes sur cette période), je n’en avais que des fines quasiment invisibles.
Elles sont grandes, épaisses et rouges.

Je découvre la netteté du monde.

lunettes

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