Toute l’eau du monde

Le soleil illuminait la maison et mon envie de partir. Se promener, prendre l’air et marcher m’a submergé. Nous avons attrapé quelques affaires, mon appareil photo et nos chaussures, et nous sommes partis en voiture.
Dans la ville nous avons cherché notre banque puis de quoi manger, notre frigo étant assez vide. Un peu comme notre compte d’ailleurs, entre mes lunettes, les vacances et les livres. La vie.

Et parce que Subw** a manqué me faire défaillir, j’ai fait demi-tour et nous avons cherché une boulangerie. Elle était très belle avec sa décoration, on se serait cru dans une rue des temps passés, avec une vieille horloge suspendue et une vieille enseigne. Les dames qui servaient étaient souriantes, vivantes, adorables. J’étais dans la voiture, et je voyais leur monde bouger, les clients entrer leur porte-feuille à la main puis sortir avec une baguette.
C’était un balai de sourires et de pains.

Je l’ai vue pencher son sourire par la fenêtre de la boulangerie, elle regardait notre voiture. J’entrevoyais mon mari amusé, discuter. Elle a appelé sa collègue, qui a penché son sourire vers nous, un sourire encore plus grand et encore plus joyeux.
Je ne m’habitue pas. Deux années, et je me demande encore régulièrement pourquoi les gens nous regardent quand on passe en voiture devant eux, pourquoi leur regard s’illumine ainsi, pourquoi des enfants nous montrent du doigt. Le temps de réaliser, nous avons dépassé les personnes. Je ne m’habite sans doute pas au caractère sacré de la voiture, on ne peint pas une voiture.

Il y avait leur regard doux, leur sourire, et les mots que je n’entendais pas. J’écoutais Lana Del Rey chanter et je l’accompagnais doucement. J’ai accueilli leur sourire et j’ai pensé aux cascades qu’on allait voir.

Un sourire, c’est une bénédiction sans mots.

Alors peut-être qu’il ne fallait pas que nous partions, qu’il nous serait arrivé quelque chose. Peut-être que les nuages étaient mal alignés.
Quand LeChat est sorti de la boulangerie, la première goutte de pluie est tombée.
J’ai levé la tête et c’est effarée que j’ai regardé les nuages noirs, la deuxième goutte s’écraser sur la vitre et un rideau de pluie couvrir notre déconvenue.
Nous avons vaguement envisagé de rentrer, prendre nos bottes et marcher sous la pluie quand le déluge a explosé à nos oreilles.
Nous avons capitulé.

A la montagne, le temps change. Minute après minute, cet été, c’est déstabilisant.. Il pleut, il fait froid, et mon corps le vit mal. Je recommence à souffrir trop, je recommence à boiter, marcher difficilement.
Je songe à vivre dans un pays chaud.

L’univers a l’air d’avoir beaucoup à pleurer cette année..

voiture coccinelle

La photo date de cet hiver, le temps n’a pas poussé le vice à faire tomber la neige. Pas encore.

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