Il suffit d'un mot

La couleur du thé

Long Is the Way by Jehro on Grooveshark

Je vais recevoir celui qui a été mon meilleur ami. Il vient quelques jours, dormir à la maison et j’en éprouve une grande douceur.

Il a été, et ça c’est fait comme ça, cette perte. Sans éclats, sans trop regarder.
Nous passions nos soirées à discuter et refaire nos mondes, jusqu’à minuit jusqu’au retour de LeChat qui travaillait tard jusqu’à un trop plein de fatigue.
Et puis je me suis mariée et un petit quelque chose à glisser. Peut-être avec la grossesse qui a suivi, parce qu’à 19h je m’endormais et ne pouvais plus discuter.. Un léger glissement sur un emploi du temps différent.
Et puis il y eut V. Merveilleuse V., adorable et douce. Avant même qu’ils ne soient ensemble et dans le sillage de Blanche, elle vint un soir de gros ventre rond et pour combler mon manque de mouvements suite aux contractions non désirées, me jouer de la harpe et chanter. Je garde un souvenir précieux de cette soirée. Ce fut ma douce rencontre avec celle qui changea mes rapports avec mon meilleur ami.
Ils vinrent à deux, toujours, quand je tentais de n’inviter que lui.
Les confidences ne s’échangèrent plus.
Simplement. Comme ça.

Je les ai aimé ensemble, j’ai aimé la recevoir juste elle, je n’ai plus reçu seulement mon ami. Ce fut ainsi. Une part de responsabilité est mienne, je n’ai pas su en parler, j’ai eu peur de blesser V. inutilement. Je mets du temps, avec les mots dans le regard de l’autre.

Mon déménagement a accentué l’éloignement, les changements en moi se sont fait sans lui, les changements en lui se sont fait sans moi.
Il est des amitiés qui ne se vivent qu’autour d’une tasse de thé. Je suppose, même si je ne puis m’en souvenir, que notre amitié débuta d’ailleurs ainsi. Autour d’une tasse de thé.

Je ne me souviens aujourd’hui que de celui qui m’ouvrit son appartement à la mort de S., qui me prit dans ses bras un jour de craquage, et me permit de m’encrer dans la ville. Je lui dois certainement d’avoir sauvé l’amitié de Blanche, non que nous l’aurions perdue, simplement eut-elle été un peu écornée : nous n’avons pas eu à réparer.

Alors c’est tout cela et plus encore, que je vais recevoir de lui ce we.
Il va y avoir trois jours de thés et de mots, et je vais savourer notre amitié présente, celle que nous savons nous offrir l’un à l’autre.

J’aime ces instants délicats que l’on crée, qui rendent la vie douce.. j’aime cette sensation de ne pas être complètement isolée, de m’entourer contre toute attente depuis ma froide montagne, d’amis de mots et de thés.

ombrefeuille

L’amitié travaille toujours dans l’ombre

12 Comments:

      1. Squalide

        C’est l’effroyable conclusion paradoxale vers laquelle je reviens systématiquement en ce moment : la métaphysique est à la fois en dehors et en dedans de la physique. D’un côté, il y a quelque chose qui a créé l’univers (Dieu, un chat, un ordinateur, un employé de la voirie parisienne, ou n’importe quoi d’autre) et de l’autre, au sein même de notre univers — donc de la physique —, il reste une part qui semble justement s’échapper de la physique.
        Tout cela pour dire que :

        \^.^\ la physique est un gruyère

        /^.^/ un gruyère a des trous

        \^o^/ les trous permettent le passage de la magie

        Vive le gruyère.

        1. Au départ était le dragon (dieu n’a rien à voir dans l’histoire !).
          Les dragons aiment faire des trous.
          Il faut croire que les dragons aiment le gruyère 😛

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