Il suffit d'un mot

Dans les Eaux amies

Inside by Bang Gang on Grooveshark

 

La maison est mouvementée, bousculée, fatiguée, bruyante. On le ressent dans les murs et sur nos peaux, elle est ébullition et agacements.
C’est un peu comme si tout ce monde passé nous voir lui avait fragilisé ses bases. Je sens de la colère dans ses membres et je crois que chaque personne ressent un manque, quelque chose qui n’a pas eu le temps de se combler. Trop vite, tout.
LeChat gère sa frustration, les enfants gèrent leur solitude soudaine, je gère la violence de la mienne. Vous me manquez fortement.

Alors.
J’ai changé mon blog. Encore. Il est vert et me lie à toi.
Je bois plus de tasses de thé, j’apprends à mon corps à aimer le rooïbos délicieux, je me réchauffe à l’amitié de mon ami. Il est dans ma tasse, dans nos mots échangés que je n’aurais jamais pensé avoir un jour avec lui. Chevalier a changé sur l’année écoulée, et je me suis retrouvée sur un chemin que j’emprunte jour après jour. Nous avons re-lié l’invisible.
Je me coiffe trois fois par jour et je pense à ma filleule et à ce lien apaisant tissé sur des minutes de cheveux.
Alors je retrouve ces liens créés sur dix journées, différentes personnes, différents mots, différentes tasses de thés. Ces journées furent mes vacances, mes amis, et j’ai besoin de ce thé encore pour me poser et en accepter l’achèvement que je compte prolonger. Dans le thé. Je voyage à l’intérieur dans l’invisible en l’Autre.
Une tasse de thé, c’est la chaleur sur mes mains. Il y a en moi ce besoin intense et infini de poser mes mains sur la tasse plus vraiment brûlante mais à la limite du supportable, et d’y réchauffer mes silences.

Je suis retournée à mes tris. On a enfin déposé les sacs de vêtements à Emmaüs, deux plats dans la rue, deux poubelles, la salle de bain s’est vidée du superflu/passé-de-date. Il reste encore tant et tant, je ne sais pas comment il a pu s’entasser toutes ces choses.

Et puis.
Je ne lave plus mes cheveux depuis hier, une semaine et une journée depuis mon dernier lavage. D’une fois par semaine avec shampoing solide, je retire tout et m’avance sur l’eau. Elle coule sur moi et en moi, et mes doigts massent sans mousse mes pensées égarées. Mes cheveux murmurent, brillent, prennent une vivacité différente que je ne reconnais pas comme mienne, encore. L’eau s’écoule en moi comme le vent sur la feuille ; elle caresse.

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