Mots d’enfants

Everything's Gone by Bang Gang on Grooveshark

 

Hibou aura deux ans et demi dans cinq jours.

Depuis deux semaines, et après un premier essai il y a quatre mois, il ne veut plus mettre de couches en journées. Il en a remis chez les parents et quand on a reçu, perturbé un peu par ce monde mais ce fut tout. Il y a deux soirs, j’ai expliqué à Hibou que sans couche, ça allait mouiller son lit. Il m’a regardé avec les grands yeux du gamin qui réfléchit à toute allure.
Je n’ai pas pensé à lui dire « sinon il te faut te réveiller la nuit ».
Et hier soir, il a décidé de faire sa nuit sans couche. Quand on sait la quantité de lait qu’il avale et que chaque matin au réveil la lourde couche est proche du débordement, nous étions sincèrement inquiet pour la qualité de notre nuit.

Il s’est réveillé, il a appelé, il est allé aux toilettes, il s’est rendormi. Quatre ou cinq fois dans la nuit.
Le drap a du être changé une fois, pour trois gouttes échappées qui le gênaient.

Je crois que mon fils est « propre » (que je n’aime pas cette expression..)

..

Le challenge maintenant va être de ne pas rater le virage avec Prince qui continue d’avoir besoin d’une couche la nuit, afin d’éviter une angoisse et culpabilité malvenue. Joie.

Côté enfants, nous sommes en grande réflexion et inquiétude quant à la suite scolaire. Nous nous sommes aperçus que Prince qui sort de maternelle et va faire sa rentrée en CP en septembre, savait multiplier jusqu’à 3 x 5. Et qu’il a bien fait les liens entre les additions et multiplications :

Prince : 10 +5 =15 !
Moi : oui c’est ça ! Tu sais me dire pourquoi ?
Prince : ben parce que 3×5 !

Oui certes..
Je lui ai dont fait faire des calculs, il ne sait pas aller plus loin mais il maitrise le reste. Je ne sais juste pas où il a appris ça.

Nous avions déjà remarqué cette facilité dans l’espace, à 4 ans il avait dessiné un avion depuis un jouet posé devant lui, en décortiquant chaque pièce séparément : l’avion avait été dessiné en pièces détachées.

De même, je vois Hibou qui savait compter jusqu’à deux, et vient de comprendre il y a deux jours pour compter jusqu’à quatre.

Nous cherchons toujours une école adaptée aux enfants, une école qui respecte les enfants, leurs envies, leurs rythmes et leurs besoins. J’aurais aimé pouvoir aller à celle de T., très connue, gérable financièrement pour nous, mais dont les loyers de la ville sont trop élevés. On a tout retourné, tous les sens y sont passés, mise à part faire dormir les enfants dans une même chambre.. ce qu’on veut éviter.

Je suis frustrée de septembre qui arrive si vite. Je ne pense pas mes enfants surdoués (j’en vois venir certains, tapette à la main), je pense l’école actuelle inadaptée pour suivre les enfants à des rythmes différents, leurs rythmes.

A suivre, donc..

Un petit florilège de leurs mots doux, qui font sourire :

E., 5 ans et demi :
_ Pendant les vacances, j’ai eu la vermicelle !

Hibou, 26 mois (qui m’aidait à la lessive) :
_ Meci maman demander aide

Hibou, 27 mois (on attendait sa grand-mère dans l’heure qui suivait ; il a pris le téléphone) :
_ Allo mamé, tu viens ?

Hibou, 27 mois, découvre que la pluie, c’est de l’eau (grand moment de réflexion) :
_ y pleut de l’eau !

Hibou, 27 mois et demi (se trompant en disant Prince (qu’il appelle Za) ) :
_ Za ! Euh non je ve di maman.

Prince, 6 ans. Dessinant des fourmis sur sa feuille, et une sur le bureau par inadvertance :
_ Oh y’a une fourmi qui est sortie de l’histoire !

Prince, 6 ans :
_ Maman, ta plante elle a soif de toi !

Hibou, 2 ans et demi. Je commence à lire un article à LeChat sur des requins, je m’arrête et lui dis « je ne peux pas te lire la suite » en montrant vaguement Hibou a côté de moi. Passe cinq secondes. (on le saura que je suis phobique ^^ mais je reste épatée par le lien de cause à effet qu’il a fait)
_ Y’a une aégnée ? (= araignée)
 
 

Ce que j’aime avec les enfants c’est ce qu’ils nous apportent, la fraîcheur de leurs réflexions qui éclabousse les nôtres, cette imagination débridée et sans limite, l’avancée géante qu’ils nous obligent à faire.
Sans mes enfants, je ne serais pas celle que je suis aujourd’hui.
Je ne me serais même pas rendue compte du chemin que j’avais à parcourir.
C’est facile d’être zen, quand on n’a pas d’enfants. Facile d’être pleine d’amour pour l’autre qu’on croise.
J’étais zen, j’étais sans jugement (avec marge de dérapage).
Et puis un jour.
Il y eut le premier cri. Le premier débordement. La première incompréhension sur la personne que l’on pensait être.
Avoir un enfant, ça vous soulève ce que vous pensiez avoir trouvé : l’équilibre de la zénitude.

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