Il suffit d'un mot

La douceur du lien

Je distingue deux amitiés, la légère et la profonde. Et je me rends compte à quel point il y a pour moi un manque de vocabulaire certain pour exprimer ces deux chemins sur un même mot.

J’ai de l’amitié pour beaucoup de personnes, je peux en aider/écouter beaucoup, me confier parfois.
Je suis là pour l’autre, j’écoute, j’entends, je partage, j’offre, je suis présente.
Cela ne crée pas l’amitié, ce je.
Le hasard d’une rencontre crée le début de l’amitié légère, celle qui danse sur un fil. Aimer la compagnie de l’autre ne suffit pas à en faire un véritable lien, être là pour l’autre s’il a un souci n’y suffit pas non plus (ou penser que l’autre sera là si). Je sais les difficultés de temps à y consacrer, quand je suis moi-même arrachée à mes journées et rendue au soir, complètement éreintée. Oui l’amitié, cette inconnue qui demande tant de soins.. et pourtant tant d’amitiés s’effritent dont on ne prend soin.. Croyez bien, amis dans l’ombre que vous êtes précieux ; l’amitié à ces degrés et je ne parle ici que du plus élevé, parce que je le vis intensément suite à quelques mots échangés. Ne vous y blessez pas, j’ai bien trop à offrir.

L’ami est celui pour lequel l’on ne peut dire pourquoi il l’est.

L‘ami est celui qu’on aime. Entièrement. Indépendamment de tout, des services possibles, des défauts. Dans l’échange. Précieux échange qui crée ce lien unique, c’est un Moi qui tisse pour un Toi c’est un Toi qui tisse pour un Moi.

La rareté de l’Ami. La légèreté qui trouve son chemin dans les profondeurs de l’âme de l’un et de l’autre, la découverte de deux âmes, spiritualité intime.

Amitié est un mot assez creux, quand tant d’émotions, de liens, de mots en tissent la trame.
C’est. Ouvrir les yeux sur un même voyage.

Quelqu’un avec un égo surdimensionné a inventé meilleur. Le meilleur ami. Je l’utilise parfois cette expression mais elle ne m’a jamais convenue. Le confident. L’âme-sœur.
Ouvrir les yeux sur un même voyage.

Je me découvre une chance incroyable parce que j’ai fait un deuil sur cette amitié unique que j’ai déjà, précieuse Blanche. J’en avais fait le deuil, quand j’ai fini par comprendre que chercher le lien que j’ai avec Blanche, chez d’autres personnes, était vain ; quand j’ai accepté que je n’étais pas en cause, que c’était ainsi, rare, que les liens que je tente parfois de créer sont voués à l’échec quand je ne cherche que la profondeur du lien. C’est étrange vous savez, de chercher la profondeur, un plein partage de l’être et de se prendre une porte.
Je ne pensais jamais la revivre encore avec quelqu’un cette profondeur d’âme, pourtant je me (re)découvre un deuxième ami. Qui a fait des heures de route juste pour moi, me revoir, parler, renouer, exister sur un même chemin. Ce fut son premier cadeau, ce voyage pour moi, cette sensation d’être forcément une personne merveilleuse, pour qu’un tel voyage me soit offert. Et puis ses mots. Que je ne partagerai pas avec vous parce que cette amitié procède de l’intimité pure et précieuse. Mais si je le pouvais, je vous offrirais ce lien pour vous et une personne, un Toi et un Toi sur un même voyage.

4 Comments:

  1. Comme je comprends ce que tu veux dire…
    Être là pour l’autre, donner (son temps, son écoute, un cadeau), est bien plus facile – aussi, parfois – que de se dire et de laisser l’autre nous offrir son aide et son écoute.
    Et puis, aussi, il y a ce voyage dont tu parles… Rencontrer une personne qui fait ce voyage, à sa façon mais si proche du notre… c’est un beau cadeau de la vie.

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