Je suis arrivée chez le médecin (mon mari m’y ayant forcée), terriblement gênée de venir pour un rhume résistant à l’HE d’eucalyptus. Je me suis excusée, et elle m’a regardé en riant. Je ne l’aimais pas beaucoup avant, mais nous nous sommes apprivoisées l’une l’autre et le courant est passé tranquillement entre elle et moi. Elle ne me surcharge pas de médicaments elle sait que je n’en veux pas, elle sourit, elle parle. Son manteau froid a disparu.

Ce n’était pas un rhume. Je suis passée à côté de quelques signes, j’ai fait bien trop confiance en mon anti-histaminique, je n’ai pas écouté ce que disait mon corps. Les yeux qui démangent, le rhume trop long (deux mois, je pense qu’on peut dire que c’était long pour l’existence d’un rhume), un début d’asthme stoppé par le médicament mais qui me laisse le rhume..
C’était une rhinite allergique, avec un anti-histaminique pas forcément adapté et un corps qui s’y est habitué sur de longues années. Fin de l’aventure Telfastienne et de ma honte de me déplacer pour un rhume.

Je suis partie marcher sans mon nouveau traitement parce que toute la ville semble être en vacances, et j’ai découvert les mêmes chemins habités de feuilles mortes rouges marrons, des tapis de feuilles et encore des tapis de feuilles. Je suis partie en voyage en Automne.

Et respirer.

Respirer les fleurs, les couleurs, les odeurs, les sons. Respirer la vie, le calme, la solitude.

Dans les jardins partagés, de magnifiques citrouilles attendaient mon regard quand je les attendais moi en octobre (il semble que je connaisse mal les saisons des légumes). J’ai rencontré de lourds arbustes chargés de fruits, mangé leurs framboises et leurs mûres délicieuses, le palais en été et la vue en automne. Un mélange de deux mondes qui s’offraient sans retenue.

J’ai regretté mon appareil photo, mon téléphone l’a remplacé tant bien que mal et n’a rendu qu’avec bien de la pâleur, la beauté des lieux.

J’ai marché et je suis partie sur tous les chemins des jardins, et marcher c’est un peu danser au milieu des fleurs et des odeurs, cette sensation de danse était si puissante.. J’ai tendu les bras de l’un à l’autre, je me sentais à ma place.

J’ai regardé passer les absents avec toute la douceur de leur présence, il y avait pas après pas tous leurs sourires. J’aime ces moments où les pensées vagabondent vers ceux que j’aime, dans la liberté, la respiration douce, ma présence encrée dans la terre humide et odorante, les chants d’oiseaux en réponse.

Et puis je suis rentrée, j’ai fait demi-tour à regrets et c’est en vue de la maison que ma cheville a lâché. J’ai boité sans appeler mon mari parce que finalement, je pouvais encore les faire, ces quelques pas en tête à tête avec moi.

6 commentaires

  1. Telfast, j’ai utilisé cela quelques années… ça ne me faisait pas grand chose mais il paraît que ça ne veut rien dire, qu’un antihistaminique c’est très personnel (on ne peut pas prédire l’efficacité chez l’un ou chez l’autre). Soigne-toi bien, surtout avec ce terrain asthmatique.

    1. J’avais virlix, je ne me souviens pas pourquoi on me l’a changé pour telfast. Mais il a été efficace jusqu’à peu ^^ Je ne savais pas que l’efficacité changeait d’une personne à l’autre.. Le nouveau agit bien sur mon nez, mais je garde mon rhume en fond. Pénible. Ce n’était que la première prise, je vais voir :/

      1. Les académiciens, ce sont les platonicien (référence au commentaire précédant) et les péripatéticiens sont les aristotéliciens, Aristote faisant cours en marchant. Aristote ayant quand même pas mal bataillé avec Platon, si l’un de vous ne change pas sa position philosophique, il va y avoir argumentations virulentes plus tard. 😉

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