Pensine

Parce qu’un jour je serai Raiponce (j’ai déjà sa mère)

Il y avait eu quelques signes, quelques trous noirs, quelques battements de cœur accélérés et puis les couleurs étaient revenues. Quand il a recommencé hier, j’ai cru tout perdre. Photos, mots de passe, blog, ebooks (j’ai constaté que j’avais 4 Go de livres. Rappelez-le moi quand je dirai n’avoir rien à lire.). Mon écran s’est éteint et je l’ai cru condamné.
LeChat a réussi a brancher le soir, un écran supplémentaire à mon portable et c’est sur des pixels flous que je me suis lancée dans la sauvegarde, toute ma vie a défilé sous mes yeux fatigués.
Le fourbe s’est rallumé quand j’ai voulu l’éteindre pour la soirée. Je ne vais pas vous mentir, ce n’est pas que du bonheur.
« Bonjour je viens pour faire réparer une panne que je n’ai plus ».

Ne pouvant dormir, j’ai rallumé mon ordinateur, dont l’écran toujours présent m’a nargué. Je n’aime pas cette sensation, ne pas savoir quand il me laissera tomber.

Il souffre de son inverter. C’est un copain qui a posé le diagnostic, moi j’aurais dit que son cœur était défaillant mais à chacun sa poésie.

J‘ai tourné en rond toute la journée et les ronds sont devenus obsessions. Je ne pouvais poser aucun mot, aucune perturbation, aucun sursaut. Aucune vie. Je me suis prise en photo pour m’amuser et je n’ai pas pu partager cela non plus. La frustration de ne plus pouvoir parler.

C’est que. Je m’intéresse de prêt à ce à quoi je ressemble ces temps-ci, je m’observe. Je ne l’avais jamais fait. Jamais pris soin vraiment non plus.
Je suis entrée dans l’ère du no-poo à pied joint avec celle du only-water. Directement only water, en fait. Je suis navrée, chaque fois que je lis toutes les étapes du no-poo, je prends la fuite. Trop compliqué, trop long, trop d’étapes, .. et je suis trop polie. J’ai presque envie de dire, trop de chichis. Même si j’en comprends le bien fondé, j’en suis incapable. Pourtant j’adore jouer les sorcières et me préparer des mixtures étranges (comme la fois où j’ai préparé un produit chelou à base de citrons pour le lave-vaisselle). Mais j’adore le faire une fois ; ensuite le monde doit tourner un peu plus vite, quand même.

Et donc, le no-poo j’avais laissé tomber rien qu’en lisant les étapes, d’autant que j’ai du mal avec le concept « enlever un truc pour le remplacer par un autre ». Ça reste un shampoing, je ne vois pas l’intérêt (enfin si je le vois, produits toxiques, tout ça. Mais tout de même).

Et puis une phrase sur un magazine, posée là par inadvertance. Juste de l’eau.

Mon dernier véritable shampoing parce que je n’avais pas encore lu la phrase, date du 7 août. Et si les trois premiers jours j’ai cru abandonner chaque minute devant mon miroir ou la main désespérée dans mes cheveux, je savoure pleinement ma tignasse. De raides, ils ont retrouvé une souplesse d’enfant. Ils volent mes cheveux, ils bouclent, ils brillent. Ils ont épaissi.

Ils. Bouclent.
J’en ai rêvé toute ma vie, de mes cheveux qui bouclent comme ceux des fées (les fées ont les cheveux bouclés. Evidence). J’en ai rêvé et j’en ai fait le deuil, de mes cheveux qui bouclaient vaguement après la pluie, mais si fragiles les boucles, si fragiles..

Je n’ai plus de shampoings pour les alourdir, les abimer, les blesser. Et comme je ne suis jamais dans la demi-mesure, je fais aussi presque-sans-savon. Presque, les habitudes ont la vie dure.

Alors, ce que je ne faisais pas parce que j’ai un intérêt très limité pour ma personne, je me regarde.
J’observe.
J’aime.

Il y a encore peu de temps, je ne me coiffais même pas.
Maintenant, je regarde mes cheveux reprendre vie.. et moi avec.

Je viens d’apprendre à me regarder.

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

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