Nantes by Beirut on Grooveshark

Demain, Prince entre en CP. Nouvelle maitresse, nouvelle école, et les doutes de nouveau qui s’infiltrent. Je tente de ne pas lui communiquer mes questionnements, mes inquiétudes. Je suis dans la joie qu’il retourne à l’école et l’angoisse de ce qu’il va y trouver, le désespoir d’avoir encore Hibou à la maison et la volonté farouche de le faire entrer à école (mais une autre que la directrice qui laisse de tous petits tous seuls dans la classe).

Je suis ambivalence.

Je les veux à l’école et je ne les y veux pas. Je veux être libre d’exister et je veux les protéger.
Le juste milieu, c’est que je les voudrais dans une autre école. Et donc, déménager.

Je me sens partagée entre un désir de ne plus être dans le froid, récupérer un semblant de santé dans le Sud, trouver une école dans le respect des enfants, et mon bien-être dans cet appartement que je ne souhaite pas quitter. Le jardin est trop petit, minuscule même, les enfants ne peuvent pas y courir, la lapine n’y a pas assez d’herbes, le compost est trop proche de la porte de notre chambre, l’appartement est trop sombre..

Je crois que je ne veux pas déménager. C’est la première fois que je suis bien, chez moi. La première fois qu’un appartement est relativement bien adapté à mes besoins. Nous entendons à peine les voisins (à part le chien trop souvent laissé seul, qui aboie tout ce qu’il peut et que je surnommerais volontiers Raclure, faute de savoir son nom et d’envie d’être aimable), j’aime beaucoup mes voisins de pallier, j’aime les Belle de nuit sous ma fenêtre, j’aime mes petites habitudes.

Je sais que pour ma santé, il le faudrait.
Je sais que pour l’école, il le faudrait.
Je sais que pour être proche de personnes amies, il le faudrait.

Je sais qu’après plus de 30 déménagements je ne veux plus faire de cartons. Bientôt deux ans sans déménager.. je sens poindre le record.
Je ressens en moi le désir profond de donner le meilleur à mes enfants, et le désir profond de vivre pour moi. Juste pour moi. Ne pas toujours vivre en fonction de mes petits monstres.

Je le crie, mon besoin de m’isoler le savez-vous enfants, je le crie tant je veux sortir de la maison et marcher et écrire et écrire.. Je le crie je l’entends dans ma voix je crie les sanglots dans la serrure je ne veux que la feuille et moi les mots sur les murs sous les doigts et je le crie je m’en veux je suis dévorée par l’écriture et je ne sais plus être, si je n’écris pas je meurs enfants le savez-vous je meurs je le crie ce besoin d’écrire et je m’énerve je crie chaque caillou sous mon pied nu je crie chaque appel de vos voix charmantes je crie le verre cassé je crie chaque goutte d’eau constellant le mur après vos bains enfants et le savez-vous je veux être. Moi.

La rentrée me bouscule, je recommence à écrire. A écrire.
J’ai. Cette peur. Dévorante. Que mes enfants mangent mon temps d’écriture. Encore et encore.
Ils sont voraces. Ils ont mangé tous les précédents.

 

2 Comments:

  1. Je comprends ton ambivalence face au déménagement – 30? Wahou! – mais, un peu égoïstement, j’espère que tu viendra un peu plus dans le sud 😉
    Je te souhaite d’arriver à trouver ses temps d’écriture, je sais comme cela peut être nourrissant… <3

    1. Je pense qu’on y viendra. Ne serait-ce que parce qu’à un moment, je vais en avoir marre de souffrir des températures d’ici ^^ La rentrée vient de se faire.. on va aussi voir comment ça se passe..

      Je l’espère fortement, afin de ne pas craquer comme je peux le faire régulièrement 😉

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