Ce qui nous atteint by Miossec on Grooveshark

La douleur est montée, brutale, violente. Elle m’a arraché un cri elle m’a arraché des larmes elle m’a arraché à ma tranquillité. Elle m’a arrachée la cheville.
Déboitée.

J’en ressors cabossée, les articulations déchirées, rouillées.
J’en ressors emplie de solitude.

Je crois que mon corps s’est plus ou moins arrangé pour ne pas merder aux heures d’école, ou alors j’ai eu de la chance. Jusqu’à présent même en boitant j’ai pu revenir avec mes enfants jusqu’à la maison.

J’ai toujours pris soin de prendre les choses du bon côté, de respirer, de râler un peu, de dire un peu (parfois beaucoup, ici). J’ai un corps compliqué, qui demande de prendre les choses telles qu’elles sont sans s’énerver, de faire avec et sans. C’est ma cage, parfois, ce corps, mais c’est comme ça. J’ai un certain côté fataliste, inévitable que je pensais relativement inébranlable.
Jusqu’à ce que j’ai peur de pas pouvoir récupérer mon enfant à l’école.

J’ai fait une crise de panique et je n’ai pas su me tourner vers qui que ce soit. J’ai regardé twitter en me disant que personne n’y pourrait rien, j’ai regardé FB en rigolant-pleurant presque, et j’ai constaté l’étendu des dégâts. En pleine crise de panique avec un besoin de hurler et parler en même temps mais avec rien à dire, la cheville bloquée à 10 minutes de partir chercher Prince, la douleur insupportable, les larmes.. personne ne peut rien. Je suis simplement isolée, sans aide de l’état, sans possibilité de travail, à parfois ne pas pouvoir marcher. Point.

LeChat a pu venir (je ne le lui avais même pas demandé.. juste envoyé un texto disant que j’avais besoin de dire ma douleur), depuis son travail, m’a donné une chaufferette pour mettre de la chaleur sur l’articulation. Je me suis remise à marcher, à boiter, à avoir mal, j’ai récupéré mon fils dans la plus grande fragilité mais quelle importance de le dire puisque je l’ai récupéré cet enfant.

Quelle ambivalence, avoir besoin de parler et ne pas y arriver ne pas savoir quoi en dire.
Je me sens larguée, sans repères.
Je peux encore me ramasser. Les morceaux ne partent jamais bien loin.

 

fleur blanche

9 Comments:

    1. Merci tu es un amour, tu le sais ?
      Concrètement pas réalisable, d’abord il nous faudrait habiter la même rue en gros, ensuite demander de l’aide m’est difficile, et enfin.. demander de l’aide chaque jour demande surtout une aide à domicile (mais pas les moyens). Je ne peux embêter les gens comme ça, ce n’est pas possible.
      Mais sinon, on va très certainement se rapprocher oui 🙂

Leave a Reply:

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *