Il suffit d'un mot

Que les mots se suicident et qu’on en finissse

Le livre est posé sur la table, couverture cachée. Au bout de chaque page il y a la mort, des souvenirs, des larmes, au bout de chaque page il y a une intimité qui devient dérangeante. De la beauté transparait dans ses mots, qui tend à faire croire que cette intimité à sa raison, qu’elle nous l’offre. Elle se l’offre à elle-même. J’ouvre des portes, des fenêtres, je visite son enfance et je ne sais plus pourquoi je suis là à ouvrir ouvrir ouvrir. La pensée me vient que si une personne écrivant des livres, peut y diluer son deuil lorsque celui-ci survient, je dois bien moi, pouvoir écrire des fées des elfes et des arbres. Si j’arrive à sortir des couches, des cris, du poids de la vie actuelle telle que se tient ma réalité, si cette réalité veut bien aller vivre ailleurs, alors certainement je pourrais moi aussi parler de deuil de mort de mère et d’enfant et oui être lue.

Toucherais-je du doigt pour la première fois, la jalousie ? Deviendrai-je envieuse, moi qui jamais n’ai su comprendre de l’intérieur ce sentiment ?

J’appréhende tranquillement ce que j’aimerais pour ma vie, et j’assume assez difficilement les idées qui me viennent, où mes enfants ont une place moins présente. Je ne suis pas une maman au foyer, j’ai beau m’y tenir depuis six ans et demi, je ne suis pas cette personne là. Je voudrais voyager, écrire dans des pays où d’autres langues sont parlées, écrire les gens, écrire leur vie, écrire. Oh bien sûr, je le pourrais ici, si j’osais. Mais j’ai peur voyez-vous, je m’enferme chez moi quand je ne rêve que de partir et écrire. D’autant que réellement, ce que je veux, c’est fuir et me poser ailleurs. Dans mon silence.

Que fait-on de ses enfants, quand on souhaite le meilleur pour eux, que fait-on quand on voudrait tout le monde loin de soi.. C’est effroyable cette envie d’abandon qui peut me serrer la gorge, ce besoin d’écrire dans le silence et tous leurs bruits mots voix qui m’assomment.
Le plus effrayant est que lorsqu’un de mes enfants est au loin, il me manque.

Je ne suis qu’inconstance.

6 Comments:

  1. Peut être, trouver un équilibre entre leur présence et (ton) leur absence? Une heure de temps si c’est ce qui marche pour toi, par exemple. Ni trop long ni trop court, juste assez pour avoir le temps de créer sans avoir le temps de penser au manque?

    1. Avec une heure, je n’écris qu’à peine parce qu’il me faut le temps de poser mon agitation.. je mets les mots en place, je trace les idées.. une esquisse.. Je voudrais des heures, des journées parfois.
      J’y arriverai, c’est certain.. mais je voudrais y arriver sans faire peser aux enfants ma colère actuelle, de ne pas réussir là tout de suite dans mon besoin.

    1. Pas pour rien que j’y ai laissé un mot 😉 Tes mots étaient justes, si justes.. Et je ne sais pas pourquoi je ne peux me contenter de ce que j’ai, alors que si cela m’était arraché j’en mourrais. Ce paradoxe m’épuise et n’aide en rien.

  2. A Mots Découverts

    Vu le stress que tu vies, je crois que c’est normal que tu aies envie de tout lâcher. Après, bien sûr, s’y résoudre et sauter le pas est une toute autre chose. Réussir à écrire c’est une chose que je te souhaite car cela me fait le plus grand bien personnellement.
    Je te souhaite de réussir à équilibrer toutes vies.

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