Pensine

Souffler les mots

Faith by Natalie Walker on Grooveshark

Ce matin ma main crie. Je m’en suis rendue compte quand j’ai voulu ouvrir la fenêtre. Elle a dit. NOOOOOoon. J’ai retiré ma main en sursautant, ce n’était pas prévu. Je devrais très certainement en tirer une leçon, parce que quand mes enfants me parlent comme ça, ça m’énerve, alors que là je n’ai rien dit. Je ne dis jamais rien à mes mains, rien à mon corps. J’attends que ça passe, et je devrais vraiment faire pareil avec mes enfants.

Hier, j’ai été une mauvaise mère, la pire qui soit. J’ai pleuré, j’ai crié, j’ai pleuré, j’ai renvoyé mon tout petit à ses jouets quand il me harcelait et sur la fin il me harcelait pour un câlin, j’ai pleuré et puis j’ai envoyé tout le monde voir un dessin animé. J’ai arrêté de pleurer et j’ai pris le problème dans l’autre sens. Je n’ai plus fait de mes enfants la priorité absolue, je n’ai plus répondu à rien, j’ai été une mauvaise mère une matinée à crier puis une après-midi à ne plus répondre à rien. J’ai pris le problème dans l’autre sens, ma priorité est devenu les mots à poser. Ça me rongeait de l’intérieur.
J’ai arrêté de pleurer et j’ai écrit. Tout l’après-midi. Maintenant ma main ne veut plus écrire sans faire mal, ma main me crie dessus, mais vous savez, j’ai écrit. J’ai écrit les ombres et le poids et toute mon âme, j’ai peur que ce ne soit pas un bon texte, je sais qu’il est bon et ne le sais pas. J’ai encore beaucoup à écrire, à dire, à souffler sur l’ombre.

Keira, je suis en train de l’écrire. Merci pour ce cadeau que tu m’as fait.

Alors ce matin, j’ai du mal à écrire, du mal à porter ma tasse de thé, je dois être attentive à chaque geste pour ne rien casser.. mais le monde a repris une place plus juste. Je ne dois pas m’oublier. C’est une place fragile, en équilibre entre deux mondes, je n’ai pas encore stabilisé ce que je mets en place. Je ne doute pas de crier encore, de pleurer encore. Et d’écrire encore, aussi, je dois juste réussir à le faire avant d’en arriver là. Chaque jour j’apprends que si je n’écris pas je meure.

C’est un long travail l’écriture. Je vais jouer des mots, en faire des soupirs. Souffler sur les mots.. Si ce que j’écris ne plait pas cela n’a pas d’importance, non vraiment l’important est que je joue avec, les dépose et reste vivante.

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

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