Miracles (Back in Time) by The Dø on Grooveshark

Il est venu nous voir avec vingt huit minutes de retard parce que la SeNeCeFe. Je le rencontrais pour la première fois. On se connait depuis quatre années peut-être même cinq ; internet parfois fait cela, il crée des liens étonnants. J’étais sur un jeu à ce moment là, un jeu qui mange le temps et parfois fait ressortir le pire côté des gens. Il a une réputation mon ami sur ce jeu, qui ferait frémir le monde. J’ai le don pour me faire des amis improbables, je les écoute. Très fort, très loin, longtemps ; je peux pousser l’écoute dans des Mondes Inconnus. J’ai poussé l’écoute jusqu’à le faire s’écouter lui.
Oui de temps à autre, je suis fière de moi. Il a tout fait tout seul, je n’ai fait qu’écouter. Mais voir tout ce qu’il a fait.. c’était beau.

J’étais là quand il a rompu son lien avec P., un autre personnage très connu du jeu. Tordu, P. Très. Ils avaient une amitié tordue, une guilde tordue qui se laissait tordre, et ils écrasaient les joueurs autour d’eux, créant une dépendance malsaine avec des personnes persuadées de ne rien valoir.
Mon ami ne pouvait que trouver un autre ami, une autre vie, car oui, il méritait mieux. Comme tout le monde.
Sa réputation était telle qu’il a changé de serveur de jeu, laissant P. et ses magouilles derrière lui.
Je l’ai vu changer. Quitter le marasme dans lequel il s’engluait. Trouver un travail. Sourire.

Je l’ai rencontré pour la première fois cette après-midi. Je ne m’attendais pas à somatiser avant notre rencontre, à me rendre malade, allongée et si nauséeuse. Non de le rencontrer lui, mais simplement de voir en lui ce lien à un jeu où j’ai tant pleuré quelques mois avant de le quitter complètement. J’ai respiré, beaucoup, avant de le recevoir. Nous avons bu du thé, fait des biscuits, respiré l’amande dans la maison, bu du thé pour accompagner les douceurs chaudes. Il est reparti avec trente et une minutes de retard, parce que la SeNeCeFe. Je me dis que peut-être, quelqu’un m’a donné une demi-heure de temps en moins avec lui parce que j’appréhendais, et que ce quelqu’un me les a rendues parce que j’étais bien. On a les journées liées à l’idée qu’on se fait de la vie.

Il a le prénom de mon deuxième enfant, il a parfois le regard un peu fuyant quand il est gêné, il parle beaucoup et on sent encore la carapace en lui quand il dit bonjour et quand il dit au revoir. Comme si entre ces deux instants il pouvait être détendu et vivre pleinement, comme si le contact physique était un peu inquiétant. Alors quand il a dit bonjour il ne savait pas où se poser, alors quand il a dit au revoir il ne savait pas où se poser. Mais entre, ce fut des rires en cascade et c’est ce que j’en retiens.

Merci à toi qui ne lira pas ses lignes, d’être venu tel que tu es.

lacMontcimeyre

Lac de Montcimeyre

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