Il suffit d'un mot

Je me sens observée, par mon corps

Je suppose que c’est dû à la fatigue.

Et puis ce n’est pas la première fois. Et puis avant, c’était juste des absences, des petites, des longues, des très longues, des en plein examen à la fac, des sous la douche, des assise sur mon lit, des dans le magasin alors que je parle à une dame, des n’importe où avec ou sans gens autour.

Je suppose que c’est dû à la fatigue.

Les nuits coupées de hibou depuis deux-ans-bientôt-trois qui impliquent nos réveils à nous. L’asthme de Hibou, qui a aggravé les nuits. L’inquiétude.
Ma crise personnelle, celle qui empêche de marcher, de respirer, de se sentir bien, avant qu’elle s’apaise enfin relativement et que j’avance de nouveau avec des douleurs supportables.
Prince qui se plaint de plus en plus régulièrement de douleurs sans raison, qui se foule les chevilles ou les poignets, qui parfois a mal quand il écrit. Prince qui donne tous les signes de ma maladie. Et la culpabilité quelque part. Juste un peu. Si peu que je crois qu’en moi, j’ai surtout une peine immense, une peine dévorante. C’est d’une telle injustice.
Hibou, qui me semblait à l’abri, et ma vigilance qui a fait quelques bonds quand j’ai senti ses articulations bouger aux épaules, en le prenant dans les bras, et lui me dire sa douleur avec un regard de reproche, je lui fais mal en le prenant dans mes bras. Tout le temps, désormais. Le poignet qui se déplace légèrement, quand je le tiens par la main dans la rue, alors qu’on ne fait que la tenir cette main, qu’on ne tire pas, que c’est un contact doux.
Et cette peine qui n’en finit pas.

Il y a eu mon rhume, celui que mon corps a interprété comme chaque fois, comme une grippe féroce et violente. Courbatures, douleurs aux points d’appui, douleurs partout. Et puis retrouver un corps habituel, parce que la grippe ça passe en deux jours bien sûr.

Et puis aussi la gastro, d’abord les enfants, puis LeChat, puis moi, tous en deux jours. L’épuisement, les nuits à ramasser, laver, sécher, changer les draps, laver, changer, laver, sans dormir.

J’ai fait une crise d’épilepsie.
Toute douce.
Toute gentille.
Le côté droit du visage, des spasmes bizarres, la paupière bizarre, le visage bizarre, le monde bizarre..

Et puis tout a une fin. Mais j’ai entendu l’avertissement.
je suis fatiguée. Épuisée. J’ai besoin de vacances.
J’ai entendu l’avertissement, mais je ne peux rien y faire.

arbrebrown

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