Ce froid jusque dans les chaussures

Je suis rentrée dans un magasin de chaussures.
Il y a quelques années, je m’y rendais tous les deux ou trois ans pour remplacer celles qui me lâchaient mais désormais j’y vais une fois par an. C’est dur. Je n’apprécie pas qu’elles me lâchent si vite, quelle que soit la marque et le prix. Leur mort programmée me rend malheureuse pour la planète et pour mes pieds. C’est que c’est compliqué, un magasin de chaussures. Tout d’abord parce que ça suit la mode, et que la mode me rend au mieux perplexe au pire effondrée. Par exemple hier, la mode était au rose. Partout. Parfois juste un trait, pour faire croire que non non je suis pas la mode. Mais en réalité, sous cette couche de noir ou de beige, se cache une couture rose ou une joliesse rose ou un lacet rose. Ou ne se cache pas, et la chaussure est rose.

J’ai une aversion pour le rose depuis que j’ai du me promener en pyjama rose à travers la France, de Porbou à Paris, à l’âge de neuf ans parce que les monitrices de la colonie de vacances se moquaient éperdument que je n’ai pas de jogging et qu’il leur fallait quelque chose qui semble équivalent. Le rose et moi, une grande histoire de haine profonde. Les gens et moi aussi.

Et donc, les chaussures étaient particulièrement complexes à choisir. Jusqu’à ce que j’en trouve une jolie paire violette (j’adore le violet), et que je rencontre le second souci avec les fabricants de chaussures : fourrées à la cheville, fourrées au talon, sans fourrure aux doigts de pied. Sérieux les gars, les extrémités des pieds sont les plus difficiles à conserver au chaud, et vous décidez de faire des économies très exactement sur ce point précis de la chaussure.. ? Je vous hais.
J’ai donc testé toutes les chaussures, même les roses-un-peu et roses-entières : 98% étaient sans fourrure au bout. Les 2% restant étaient fourrées intégralement, mais à peine, juste pour faire croire qu’on allait avoir chaud, dedans. Je me suis déjà fait avoir avec mes bottes, donc les 2% restant sont restées dans le magasin.
Je suis partie à la chasse aux bottes, puis à la chasse aux bottes de neige : même constat, pas de fourrure au bout.

Le vendeuse adorable, comprenant mon souci, est partie me chercher d’immenses chaussettes de laine prévues pour mettre dans les bottes d’hiver, qu’il faut choisir pour la peine, deux tailles au-dessus pour que le pied rentre avec : impossible d’y garder pied et jambe, tant c’était serré.

De guerre lasse, j’en conclus que je trouverai ce qu’il me faut au Canada. Je pense pouvoir affirmer que là-bas, avec leur -22°C et la neige, ils sont moins fous que dans ma petite montagne et ont prévu de chausser leurs habitants : je n’ai pas entendu dire qu’ils avaient perdu un pied pour cause de froid.

Dame Ambre

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement.

(Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

D'autres mots d'hier et d'avant avant-hier

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