Brèves de Noël

La buche est prête, affalée de crème dans le plat du four, glissée dans le frigo. Fourrée de mascarpone au chocolat et recouverte de mascarpone aux pralins, elle a tout pour être parfaite sinon qu’elle ne ressemble à rien. La buche est prête, mais aussi entamée : la gourmandise ne connait pas les frontières d’une date hypothétique de fête ni même une présentation douteuse. Elle est délicieuse, je ne regrette pas de l’avoir faite.

père noël sur la buche
Même le père-noël a glissé

Hier soir, nous sommes allés acheter des vêtements : un pantalon pour Prince (il tourne avec deux..), pantalons pour moi (je n’en ai qu’un depuis un an, j’ai pensé qu’il était temps), tee-shirt manches longues pour moi (il m’en reste deux), une veste très chaude pour Hibou. A l’essayage j’ai découvert que j’avais perdu tout récemment : je mets désormais une taille S, comme il y a huit ans. Ou presque, je faisais une taille 34 en ces temps-là. Prince s’étant ouvert dans les profondeurs blanches de son crâne et ça saignait très peu, nous avons tout laissé en plan pour les Urgences. L’avantage d’être dans une ville petite (et dans un creux sans doute), c’est que nous n’y sommes restés que 30 minutes. Le temps d’une crise de panique de Prince, d’une agrafe sur le front à retirer au Canada, et de Passez de joyeuses fêtes.

Le chargeur de la batterie était bien HS, je ne suis que déception, Nikon n’est-il pas censé être de qualité et tenir quelques années ? Je ne l’ai pas encore envoyé en réparation, j’ai du en racheter un : trois semaines avant son retour du SAV, je pars vendredi, le timing n’était pas bon. J’ai désormais une seconde batterie au cas où, et tout le matériel qu’il me faut pour faire les photos au Canada. La dépression m’a frôlée.

Tour des pharmacies faites, ôte-agrafe finalement trouvé.

Remboursement d’une valise ce matin, on a réduit ce qu’on emportait.

Alarme incendie déclenchée par Hibou, dans le magasin de vêtement. Prince a tenu à nous dire quatre fois que c’est Hibou hein.

Retour ce matin dans le magasin, récupération des vêtements laissés en vrac la veille, je n’ai vu qu’à la maison qu’il me manquait deux tee-shirt sur les trois. Je verrai si je peux tourner avec trois (toujours mieux que deux de toute façon), LeChat rentrant tard ce soir c’est terminé pour les achats de cette année. Seconde surprise en essayant les pantalons, et même si en général je n’y accorde aucune importance là ça m’a arraché un doux sourire : le 38-40 est trop large, je rentre dans du 34-36. J’ai pourtant toujours mon ventre rond dépassant allègrement, rappelant les deux enfants passés par là. Les vêtements étaient soient particulièrement généreux, soit j’ai perdu plus que je ne pensais depuis qu’on mange quasi-vegan (oui je sais. Quasi. Je sais bien que pour certaines personnes, la vie est en noir ou blanc, et que le gris n’existe pas. Je suis une fille de nuances).

pomme de pin

Je sens venir dans mes jambes douloureuses, une crise musculaire qui va me laisser sur le carreau. Je la sens venir, je ne peux rien anticiper, rien y faire. Je me réveille et je sens la douleur venir, puis refouler en bougeant très doucement dans le lit, être là en latence, menaçante et prometteuse. J’ai peur. De cette nuit, des nuits suivantes, de l’avion, de la souffrance. Je n’ai parfois aucune résistance à la douleur, rien que de l’apercevoir je voudrais fuir son existence. La mienne sans doute aussi. Juste, parfois. Le courage me manque ces temps-ci, pour faire face à mon corps. Quand elle est là je fais face, mais une douleur qui me dit je te promets une longue torture, c’est une mort programmée terrifiante. Je ne sais pas faire face aux promesses de souffrance.

totoro

Le calendrier de l’Avent fut un succès extraordinaire. Je crois que ma plus grosse réussite fut Totoro, qui a arraché des hurlements sur-aigus à Hibou, détrônant jusqu’au renard qui avait pourtant suivi tous ses déplacements. Cela m’a épuisée physiquement donc l’année prochaine j’ai le choix entre m’y prendre trois mois à l’avance ou ne pas retenter l’expérience. Je me suis beaucoup amusée, c’était magique et extraordinaire, ils ont savouré le « créé pour eux », mais ce fut particulièrement éprouvant pour mes doigts et pour moi. Un challenge réussi en tout cas, dont je suis fière.

prince canada

Le Canada approche. J’espère en supporter le froid, j’ai peur du matelas sur lequel je vais dormir, j’ai peur de mes crises comateuse qui vont me faire passer pour associale mince je le suis aussi, j’ai peur qu’on me refuse une bouillotte chaude dans l’avion. Ce voyage, je crois qu’il me fait déplacer des montagnes.
Les peurs paralysent, alors je repousse. Je m’accroche à Noël, aux nems délicieux de ce soir, les cadeaux qu’il reste à emballer, le sapin qui va tripler de volume, les yeux des enfants.

Toute la magie de Noël, juste pour nous.

Je vous souhaite, à vous qui passez par là, toute la magie, toute la douceur d’un Noël merveilleux. Savourez ce que vous créez pour vous et pour votre entourage, c’est autant de sourires qu’on emporte avec soi pour l’année qui vient 🙂

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2 commentaires sur “2”

  1. Très bon Noël Ambre ainsi qu’à ta petite troupe.
    Tu vas voir, ensuite, tout va bien se passer. Ces bons moments de Noël vont te donner la force de supporter le voyage.

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