Il suffit d'un mot

Je ne suis pas là

Island and Rupees by Mentana on Grooveshark

Il y avait dans la voiture qui nous emmenait, lors du premier « retour » qui n’était pas celui qui allait nous ramener chez nous, ce groupe qui chantait dans le lecteur. Le guitariste est venu chez lui il y a quelques temps et je suis sous le charme de la voix, du style, de la guitare. Je n’ai pas trouvé d’autres chansons, notamment « Gamblin’Man« , mais je vais chercher et conserver un bout du Québec ici, entre les murs de la maison que j’ai retrouvée avec délice.

Nous sommes rentrés. Nous avons mis quatre jours à quitter le sol Canadien, quatre jours d’enfer qui auraient pu être tellement pires : l’enfer fut essentiellement l’incertitude et le manque de sommeil, et puis les vêtements qui collent dans un rêve de douche. Je suis pourtant toujours dans la neige, le froid, le -27° froid ressenti. Ici non pardon là-bas ils parlent du facteur éolien. Éole a joué à nous montrer l’hiver Canadien, un aperçu intéressant quand un peu plus haut un peu plus loin, il jouait avec du -36 et que nous pouvions nous réjouir de ne pas y être. Devant mes yeux, reste graver le paysage enneigé, la rivière blanche comme une meringue appétissante. Je n’ai pas quitté ma fenêtre.

Je suis dans la tristesse du départ, je suis dans l’incapacité de réaliser que je suis rentrée, ni même de me réjouir que les bagages perdus aient été peut-être retrouvés par qui ou comment on ne le saura sans doute pas, qu’à la fin de semaine je pourrai si tout va bien récupérer brosse à dent et à cheveux, ma boule à thé et mes sous-vêtements car tous sont dans la valise. Je suis restée dans ce pays incroyable où l’eau gelée sur plusieurs pouces chante et craque de mille manières, ou le silence emplit tout l’univers de rafales de vent vivantes, où les écureuils courent dans les jardins et font des nids dans les arbres. Comment ne pas aimer ce pays dont la nature vibre de tout côté ?

Je suis dans l’épuisement, absente. Bien qu’heureuse d’être enfin rentrée après tant d’instabilité, je ne rêve que des paysages enneigés qui ont enchantés mon regard depuis la fenêtre sur laquelle je me perchais à mon lever, des traces d’écureuils que je cherchais dans la neige, des levers de soleil que je traquais entre les arbres après les couchers sur la rivière, des promenades à pied bien emmitouflée sous des couches de vêtements, de la gentillesse des habitants et de leurs sourires.

Non, je ne suis pas rentrée. Les quatre jours perdus dans les aéroports n’ont rien changé à ce fait : je suis à la fenêtre.

Canadaecureuil
Seul et unique écureuil à avoir accepté d’être pris en photo.
Flou parce que lointain, il s’est échappé à mon premier pas

4 Comments:

    1. Ce fut enchanteur, incroyable. Angoissant par moments aussi, la panique tout au bord qui frôle le craquage, mais cela n’a concerné que les moments où je devais faire acte de présence au milieu de la foule familiale. Le Canada, c’est de la magie offerte avec douceur.

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