Sous la pluie

Sans préjugés, avec douceur

J’avais neuf ans, des cheveux mi-longs et des lunettes. La veille, à ma grand-mère qui téléphonait, ma mère a glissé dans la conversation que nous allions nous rendre chez Tati, magasin réputé de Paris pour ses prix bas où ma mère m’habillait années après années. C’était la rentrée scolaire, il me fallait des vêtements, sans doute avais-je grandi récemment.
Au dernier moment ma mère a changé d’avis, refusant d’aller sur Paris, préférant y aller le we qui suivait.
Elle n’a pas su dire pourquoi.
Elle ne l’a pas senti, nous sommes restées chez nous.
Je me souviens encore le soir, de l’appel de ma grand-mère, complètement paniquée « vous êtes vivantes vous êtes vivantes ».

Nous étions le 17 septembre 1986, une bombe avait explosé devant Tati. Sept morts, cinquante cinq blessés. J’ai découvert, en cherchant sur internet si c’était 1985 ou 1986, que ces attentats duraient depuis longtemps.

A l’annonce de l’attentat contre le Charlie Hebdo, c’est la première chose à laquelle j’ai pensé, cet attentat où nous avons failli être, cet attentat dont j’ai vu les images à la TV, cette panique à l’époque, ma grand-mère en larmes, ma mère anéantie..

Quelqu’un a dit que nous étions en guerre depuis quelques temps, nous tous pays du monde, contre l’islamisme fanatique. Je crois qu’il se trompe, ce n’est pas depuis quelques temps, ce n’est pas récent, cela a toujours été depuis que la télévision puis le net a commencé à faire circuler en franche réalité, la liberté d’expression.

Je songe maintenant, après ma tristesse pour ceux qui sont morts et Cabu qui a bercé mon enfance devant Club Dorothée, après ma sympathie qui va aux familles, les survivants qui vont souffrir du pourquoi pas moi, je songe avec inquiétude à la communauté musulmane ou non sur qui retombera très certainement la peur et la colère que chacun peut ressentir. Je m’inquiète de l’avenir qui se profile si proche des élections présidentielles, peur pour toutes les personnes qui ne seront pas blanche avec les yeux bleus et les cheveux blonds. Peur pour toutes ces cités déjà mises à l’écart.
C’est une tragédie aujourd’hui, et j’ai peur que ce ne soit une catastrophe pour l’avenir de notre pays.

Je ne peux qu’envoyer tout mon amour, mon soutien inconditionnel à tous.
Que la liberté soit un choix de vie.

oiseauarbre

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

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