Ghost Towns by Radical Face on Grooveshark

Le visage inquiet, un peu fermé, il est venu vers moi, cherchant un point d’ancrage dans la foule de visages maternels (mais où sont les papas ?) et puis demandant les bras de son papa.
Je sais tout ce qu’il y a à savoir sur la matinée (parce que j’ai insisté sinon nous n’aurions rien su par la maitresse qui me l’a rendu sans un mot ni regard), la première, la toute première, de mon fils : Il a pleuré, il s’est arrêté de pleurer, il n’a pas participé, il a observé.

Le compte-rendu est court, au milieu de la récupération de touts petits enfants, le visage décomposé de mon fils m’expliquant tout le reste. Ses « j’ai pleuré » et ses yeux graves, très sérieux, me chavirent le cœur.

Je sais aussi qu’en début d’année l’institutrice punissait au coin les enfants qui faisaient pipi dans la classe considérant qu’ils le faisaient volontairement, et qu’une maman très douce que j’aime beaucoup est allée discuter avec elle et qu’elle a su s’ajuster : maintenant, elle demande toutes les heures à quelques enfants s’ils ont besoins de retourner aux toilettes.

Si je n’avais pas ma santé à prendre en compte, si je n’avais pas mes besoins à écouter, j’aurais attendu pour le mettre à l’école, qu’il ait quatre ans, plus de recul pour gérer son petit bout de vie.
Je n’ai pas ce temps-là devant moi pour reprendre ma santé en main.

J’espère que demain un demain sans LeChat pour m’aider, j’espère que demain je résisterai à l’envie de garder mon petit tout petit avec moi et que je saurai partir.
Seule.
Et commencer ma journée de maman sans enfants. Écrire pour un emploi particulier, gérer mes pas sans congé parental, écrire pour moi, aller doucement.

coucher de soleil au Québec, sur la rivière

6 Comments:

    1. Merci à toi <3
      Horrible, ce fut.. une catastrophe. Il a refusé de marcher, a donné des coups de pieds, il a hurlé et pleuré.. J'ai réussi à le laisser, parce que l’institutrice m'a expliqué sa matinée d'hier, qu'il n'a pas pleuré de la matinée hormis quand une petite fille l'a fait tomber dans la cour, qu'il a suivi l'instit partout en disant "je suis triste" mais sans pleurer. Elle était impressionnée par sa capacité à exprimer ses émotions, et elle pense qu'il a de très bonnes chances de s'adapter si on lui laisse le temps.
      Ça va juste être horrible, si je dois le porter tous les matins en me faisant taper, je vais être couverte de bleus et je ne tiendrai pas émotionnellement.
      En fait, je ne tiens déjà pas émotionnellement.

      Je suis déchirée.

  1. Ma pauvre, que ça doit être douloureux de ne pas être sereine vis-à-vis de tout ça…

    Est-ce que tu vas arriver à lui faire confiance, à l’enseignante, sur le fait de lui laisser du temps ? Parce que oui, tout ça ne se construit / guérit pas en un jour, mais elle m’a l’air très à l’écoute, ne semble pas juger contre lui / toi ce qui a pu se passer avant… ça vaut la peine, il me semble.

    Mais c’est déchirant, oh oui.

  2. Douloureux est le mot adéquat..

    Je pars toujours avec de la confiance, quoi que je sache (ou non) sur les gens, chaque départ me concernant est neuf. Parce que je lui fais confiance, je l’ai laissé ce matin 😉
    Ça reste douloureux, je ne peux lutter contre ce sentiment..

    Hibou a passé la même matinée qu’hier, on va voir sur la semaine..
    Avec mon mari nous sommes partagés.. LeChat pense lui faire sauter le mercredi pour se remettre un peu, moi je préconise la persévérance et ne pas couper la semaine ^^’ (ce qui implique que demain je l’emmène seule de nouveau ce dont je n’ai pas envie..). Je ne sais pas quoi faire ><

  3. Pour ce que ça vaut je pense comme toi (et puis aussi : ne pas râter un temps qui fait que la classe construit un bout de quelque chose sans lui, parce que ça serait facteur d’exclusion).

    Je pense fort à toi.

    1. Au final, j’ai insisté pour ne pas lui couper la semaine et qu’il puisse continuer à faire son travail sur lui, il sera toujours temps plus tard, de voir quand il est fatigué, s’il a besoin de ce temps de sommeil. Il y a effectivement ce souci que les choses se feraient sans lui pendant ce temps.

      Merci pour tes pensées, pour tes mots, pour m’avoir accompagnée un bout de chemin 🙂

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