La légendaire courtoisie Québécoise

Nous n’avions pas sous les yeux ce que je pensais être un lac, mais une rivière. La rivière Ottawa comme je l’avais traduite, bien mal, au départ : Ottawa river en anglais, la rivière des Outaouais en français. Les Outaouais sont une nation amérindienne du Canada. Cette rivière est le principal affluent du fleuve Saint-Laurent, qui traverse Montréal.

Ottawa River, Quebec
au milieu, on voit la ligne de glace

Mais je vous ferai visiter ce petit paradis plus tard, j’ai envie de partager avec vous mon étonnement et mon émerveillement sur.. le code de la route (pardon d’avance à ceux venus chercher des photos de paysage, tout viendra en son temps) !

Je suis passée sur le fleuve Saint Laurent, par hasard, par erreur et jamais je n’avais vu de fleuve si large, de pont si angoissant (à ma décharge, les conditions de traversée étaient compliquées par un GPS qui me mentait dès que nous passions des embranchements qui se chevauchaient).

Saint Laurent montreal, Québec
depuis la voiture, sur le pont Jacques-Cartier, Montréal sur la droite qui s’éloigne involontairement

Sur cette photo, ce n’est rien, juste deux routes. A certains endroits il y en a plus que cela, et à Toronto je verrai encore bien pire.

trois routes, Montréal

Les yeux qui ne se décrochaient plus du GPS-menteur, je n’ai pas songé tout de suite à photographier le pont Jacques-Cartier, si impressionnant, je ne pensais pas une minute que nous irions rouler dessus deux minutes après. Nous ne voyons ici que peu de son architecture, mais ici on le voit bien.

pont Montreal Saint Laurent

pont Jacques-Cartier Montreal

Que l’on ne me demande pas ce que nous faisions là. Sachez simplement, que nous sommes partis vers New York et qu’on ne le refera plus, promis. Nous avons changé par la suite de logiciel GPS, ce qui fut vital pour les nerfs de tout le monde. Enfin surtout les miens, LeChat est resté très zen malgré le fait que le plus souvent lorsqu’on se trompe là-bas c’est pour un minimum de trente kilomètres. Avec un gentil logiciel qui n’efface pas le nom des routes sous le prétexte fallacieux qu’il indique par-dessus le chemin à suivre, on ne se perd plus !

Mon premier conseil dans un pays étranger : avoir un logiciel GPS parfait (pour soi).
Mon deuxième conseil : connaître le code de la route du pays.

Chaque pays à ces spécificités, sa relation à la route est différente, la météo à l’année jouant son rôle également. Nous avons parfois eu quelques flottements, quelques rares incompréhensions et nous avons dû demander des précisions à nos hôtes deux fois. Hormis ces deux moments, tout est très clair, exprimé, précis, écrit en toute lettre.

Les Québécois sont des personnes courtoises, et si dans un magasin les vendeurs sont souriants, sur la route aussi, cela se ressent : conduire est un monde de politesse. Les routes sont très larges, quand une voiture double je ne me sentais écrasée ou en danger : il y a toute la place, vraiment toute la place. Si j’étais québécoise, je passerais mon permis : cela vous donne toute la mesure de ce que j’ai pu ressentir, de la sécurité qui m’a enveloppée. Je voyais les voitures arriver lentement aux carrefours, à leur vitesse réelle je suppose, et non comme des boulets de canon (j’ai un petit souci dans le cerveau qui fait que tout arrive trop vite pour moi et me terrifie facilement). J’ai été surprise et puis heureuse de me sentir si bien, si tranquille, si calme, sur la route. Merci à cette province pour son calme et sa courtoisie, ce fut inestimable pour moi.

Tout d’abord, la vitesse est à trente en ville, sur l’île Pincourt en tout cas. Montréal, en tant que grand métropole, à ses propres spécificités par rapport au reste du Québec, il y a quelques subtilités, on y roule à cinquante la plupart du temps, et les feux tricolores n’ont pas le feu pour tourner.

panneau vitesse Québec

Le trente kilomètres/heure s’explique par une autre particularité. En France, lorsqu’on arrive à une intersection, nous avons la priorité à droite. Ce qui implique quelques soucis d’impatience, lorsque la route est bondée : on ne passe pas, sauf gentillesse rare d’un automobiliste, les autres étant pressés. Au Québec, on doit marquer toute intersection par un arrêt du véhicule, cela ne sert donc à rien de rouler vite, vous devrez comme tout le monde, vous arrêtez dans vingt secondes à un passage clouté sans aucun piéton pour justifier l’arrêt : c’est comme ça. D’ailleurs, leur panneau STOP s’appelle ARRÊT (ils font tout pour conserver la langue française prioritairement). Le premier arrivé est celui qui redémarre. Et si l’on n’est un peu perdu, comme nous le premier jour, tout se passe bien : courtoisie, on vous a dit.
De toute façon, tout est expliqué. Ils n’ont pas peur d’écrire, de mettre plein de panneaux, d’être explicites. En France, on doit connaître des panneaux triangulaires, ronds, bleus, verts, jaunes, rouges, entourés, barrés, décoder en permanence. Au Québec, ils t’expliquent, tout. C’est clair, précis. Au Québec, je les aime.

panneau lentement Montréal

panneau arrêt Montréal

panneau neige Montréal

J’ai aimé la tranquillité sur l’autoroute, également, le rappel très très fréquent de la vitesse autorisée. Ils roulent à 70mk/h quand il y a des feux (oui, des feux sur l’autoroute ^^), 100km/h quand l’autoroute est sans arrêts. Même Montréal, pourtant avec plus de voitures, plus de trafic, plus de punch, je l’ai trouvée plus tranquille qu’en France. Ils ne sont que calme.

60 min 100 km/h max, Québec

Au Québec, les distances ne sont pas les mêmes qu’ici. Il faut pour l’appréhender, avoir en tête ceci : le Québec, c’est trois fois la France. Huit millions de québécois, soixante six millions de français.. le rapport au territoire n’est absolument pas le même. Peut-être à tort, je crois que là s’explique une partie de leur zénitude, de leur courtoisie : ils ne sont pas entassés les uns sur les autres.

Et puis une spécificité, encore : les feux tricolores. Ici, les feux sont AVANT l’intersection, à côté du véhicule. Souvent il est caché par la tôle de la voiture et on doit se pencher pour bien voir, quand ce n’est pas un vélo qui s’est mis en plein devant. Au Québec, les feux sont en hauteur, APRES l’intersection, au niveau des voitures arrêtées en face. Je n’ai pas pensé à les prendre en photo (ou plus exactement, je pensais l’avoir fait..), mais on voit tout de même sur celle-ci, que le feu est juste à côté des voitures d’en face.

feu tricolore sous la neige, Montreal Quebec

J’ai aimé également les passages piétons qui signalent le temps qu’il reste pour traverser, les noms des rues qui sont indiquées pour sortir de l’autoroute (en France nous verrions plutôt des noms de village, ou au mieux « centre-ville » ).

passage pietons Quebec

noms des rues, Quebec

Et puis parce que le nombre de feux !

feux tricolores, Montreal Quebec

Personnellement, j’ai adoré leur manière de faire, de présenter le code de la route, leur tranquillité, leur courtoisie, la lenteur des véhicules.
Personne ne se presse.
Le Québec, c’est un instant hors du temps avec le sourire.

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6 commentaires sur “6”

  1. Ce matin, j’ai donné un coup de pied dans un voiture. Un coup de pied. Pour te dire à quel point circuler en France, et à plus forte raison en région parisienne, devient absurde ; ils ont réussi à me faire devenir l’un d’eux…

  2. J’y ai pensé, mais trop de neige pour la moto. Et là-bas, les motocyclistes sont d’ailleurs mal vus et encore plus persécutés qu’en France. 🙁

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