J’ai reçu ce matin des mots doux, des mots auxquels je ne m’attendais pas sur la douceur de mon foyer. Je les ai reçu, en creux, en moi et ils m’ont aidé à me lever. La journée est difficile, le manque de sommeil me plaque au sol et je n’en peux plus. Hibou qui accepte si bien la séparation à l’école, avec ce petit signe de la main qui fait désormais partie du rituel, Hibou qui participe aux activités et qui s’amuse.. à la maison il s’accroche à moi, désespéré si je fais trois pas sans lui. Il hurle la nuit si je ne suis plus à ses côtés, ce qui est fortement inévitable puisque, pardon enfant, j’ai mon propre lit.
Nous sommes soi-disant sortis de la gastro (oui j’ai tendance à trouver qu’appeler ça une grippe intestinale est simplement tourner autour d’un mot peu glamour mais avec une réalité plus crue. Dans ma ville, ils disent j’ai eu la grippe), mais quand le petit n’a pas le temps d’aller aux toilettes et que je dois tout ramasser fenêtre ouverte, j’ai tendance à me dire que quelqu’un a été trop optimiste.

Je me sens lâcher. J’ai manqué me déboiter l’épaule en ouvrant la portière de la voiture, je prends la mesure de ce que veut dire lâcher pour un corps. Ramasser l’eau déversée dans la cuisine par un lave-vaisselle à la porte cassée mais que je m’obstine à faire fonctionner parce que pas l’argent, n’a pas aidé l’épaule.

Je contrebalance. Je fais les choses doucement, le moins de geste possible pour ne pas prêter à une situation burlesque où une articulation irait dans un autre sens que moi. Le ménage avance, je vais même tenter le gâteau aux carottes version québécoise de ma belle-famille, une tuerie. J’ai conscience d’agir à l’encontre de la logique, mais je sens aussi venir la phase comateuse qui va me clouer au lit et que je vais mal vivre. Je ne peux pas la laisser venir sans rien faire avant. Ceci dit, passer l’aspirateur hier n’était pas forcément la meilleure de mes idées, mais les moutons se regroupaient en troupeaux et ça commençait à faire désordre d’entendre bêler derrière le canapé.

Je voudrais l’amie. La tasse de thé fumante et les regards et les silences. Et tout le désespoir qui part en fumée et les larmes et les bras et tout et rien. Et la force de te dire que le manque de sommeil me tue et que je voudrais te voir avant. Mais j’ai beau tourner la vie dans tous les sens, je n’ai rien trouvé, rien, pour me rapprocher.

Alors je vais l’écrire cette eau rose loin de qui je suis. Elle permettra peut-être davantage de vie retournée, de thés et de regards.

J’ai ce besoin de douceur et de nuit pour retrouver ma cohésion, qui confine à la douleur.

Fleurs violettes

Edit : merci aux Twitteu(ses)x qui m’ont fait retrouver le sourire

Dame Ambre

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement.

(Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

D'autres mots d'hier et d'avant avant-hier

3 Comments

  1. oh oui pour un thé, des silences des regards et pourquoi pas de l’eau et de la rose… J’ai passé un vendredi affreux ai remis à sa place une élue un peu brusquement, répondu a un animateur très sèchement et enlevé, quatre compas volé par un enfant qui en avait eu un pointé sur la gorge le quart d’heure d’avant… Et oui j’ai aussi écouté un enfant me raconter qu’il s’était pris un coup de pied quand il était par terre par le référent animateur… Mais sinon ça va…

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