Il suffit d'un mot

En manque de conversation

Murakami by Made In Heights on Grooveshark

Je tombe dans les ondes. J’ai glissé sur France Inter, perplexe de lire que des personnes avaient pleuré sur une interview bouleversante quand moi la colère terrible passée inaperçue de la dame m’a fait froid dans le dos. Mais ce fut intellectuellement stimulant. J’ai eu l’impression d’être passée à côté de certaines portes culturelles, aussi j’ai rouvert d’autres fenêtres. Je suis partie à la recherche d’émission littéraire mais je n’ai pas trouvé ce que je cherchais, où l’idéal serait d’y rencontrer des auteurs qui se racontent, se montrent, jouent et accessoirement de loin pourrait parler de leur livre qui est sorti la veille. Je désespère du ton employé sur France C., de ce journalisme dépressif qui semble si peu concerné et qui pourtant noie l’auteur de mots et de courbettes. Est-ce qu’on ne pourrait pas dire que .. et j’aurais tendance à répondre juste non. Non question suivante. Il y a une sorte de facilité de la parole prise chez les médias, et ils foncent tête baissée ; ils s’écoutent parler.
Paradoxalement, j’y prends goût. Je m’immerge dans la parole de l’autre sans partage. Il y a là une certaine tristesse dans cette solitude, et un plaisir intense aux réflexions qu’elle génère.
Et l’on m’a dit, c’est cela, écouter et ne pas être forcément en accord, c’est cela que la radio suscite. Moi je n’aime pas être en désaccord, j’ai l’impression d’être pédante, cultivée ou méprisante et je ne suis rien de cela. Je ne suis même pas toujours certaine de savoir de quoi ils parlent. Vraiment, à côté. Je manque de conversation stimulante, savez-vous.
J’ai écouté Virginie Despentes et j’ai pensé que je n’aimais pas sa voix, et ce fut un soulagement que de l’écouter lire un extrait de son livre, et aimé l’entendre. Il est étrange, ce décalage.. ne pas aimer une voix, et l’aimer dans la lecture..
Je me suis demandé ce que je devenais, pour penser ces choses là des autres.

Et puis j’ai compris, là, ce qu’il m’arrive. J’ai peur. Je lance une bouteille vers une maison d’édition et j’ai peur de me perdre, peur d’oublier comment on écrit. Alors je me remplis des autres.

Je suis perdue, à jamais.

[Le manque de sommeil ne me réussit pas, je me sens incisive et sans concession sur l’écoute.]

neige en croix

13 Comments:

  1. Blanche

    *soupire*
    Demain peut être je récupère un téléphone en état de marche en attendant il reste le fixe…

  2. Grr Méchant Grr

    Quand tu es perdue, connecte-toi à Google, il paraît que ça fonctionne plutôt pas mal. 😛

    (Même si je suis un vieux con qui n’oubliera jamais AltaVista.)

  3. Grr Méchant Grr

    Voilà ce qui arrive lorsque l’on ne donne pas gratuitement ses données personnelles ! La vie privée, c’est tellement 2014… 😉

    J’espère que tu vas un peu mieux, tu sais que tout le monde est là pour toi.

    1. *rire* Je vais me faire un post-it : « songer à dire qui je suis pour savoir où je suis » 😛 Ça tend à la schizophrénie quand même..

      Je tiens les bouts et pour l’instant ça tient, merci beaucoup 🙂 Cette nuit j’ai presque dormi complètement, mais je suis pourtant dans le même état d’épuisement. On va voir comment Hibou gère la reprise de l’école demain..

  4. Grr Méchant Grr

    J’ai un sérieux manque de sommeil aussi, en ce moment, et je sais d’expérience qu’il va me falloir au moins deux nuits complètes pour bien repartir. Mais bon, ça en vaut la peine. ^^

  5. Grr Méchant Grr

    C’est tombé comme un cheveux d’ange dans la soupe.
    (Du coup, j’ai été manger des sushi.)

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