Il suffit d'un mot

Les yeux bandés

L‘inconvénient de cette nouvelle catégorie de Merci, c’est que j’ai l’impression un peu de tout dire et que je n’écris plus autour.
Et puis il y a cet atelier. Le jeune homme un peu barbu et particulièrement mignon m’a dit d’écrire tous les jours ; il m’a regardé dans les yeux et je ne résiste pas. J’ai commencé à écrire dix minutes qui sont devenues quinze et qui deviennent des bouts de l’histoire qui sortent de mes doigts. Je n’ai pas repris le drap qui claque au vent (pour l’écrire mieux, s’entend). Ce texte prend mes tripes et les étale noir sur blanc, et une fois les mots posés je n’arrive pas pour l’instant à reprendre l’ensemble pour que les mots percutent l’histoire. J’en suis au stade où l’histoire percute les mots, et la douleur s’écrit sans concession. J’écris sans savoir si elles survivront au monde, j’écris ce qui se brise sur des corps allongés, j’écris la mort et sa robe dans le vent.

Je ne déserte pas ce lieu, j’ai trop besoin de m’y poser pour que ce soit envisageable. Simplement.. je m’écris. Et c’est un peu compliqué, l’écriture d’un roman qui n’est pas soi et pourtant je m’y écris puisque mes doigts.

Je n’écris rien de moi et pourtant j’y écris tout, les yeux bandés.

arbre en fleurs blanches

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