Brèves de 21h09

Prince a mal. La cheville. La hanche. Nous échangeons des regards avec LeChat et puis l’un de nous finis par dire j’ai peur.

Je travaille dans le noir. Et je travaille peu, emplie de doutes. Pour me faire croire que j’étais réellement en train d’écrire et que ce n’est pas mauvais, j’ai créé un profil d’auteur sur un site. Avec l’idée saugrenue d’y publier chaque jour d’écriture – ceci afin de palier à mon incapacité à vous le faire lire – une ligne attrapée au hasard de ce que j’aurai écrit dans la journée. Il n’y a qu’une phrase.

Je me sens lamentable. Où les mots vont-ils, s’ils ne se posent pas sur mes pages ?

Mon poignet est bloqué par une terrible douleur. Je n’épluche plus les légumes, je ne coupe plus la nourriture dans mon assiette, je ne porte plus. De là sans doute, cette écriture qui se fait difficile. La douleur s’installe, grandit. Je répare les trous de Prince – tous ses pantalons doivent-ils donc y passer ? – je range trie jette les chambres des enfants, je vide le lave-vaisselle en tentant de ne rien lâcher, je fais ma part de vie. Mais je ne guéris pas.

Je me suis aperçue que je n’avais lu aucun livre de Philip Roth et que je n’avais à ma disposition aucun moyen d’y remédier. Si une bonne âme avait un epub à mettre entre mes mains ? Depuis la lecture d’une interview de l’écrivain, je le ressens intimidant et passionnant.

J‘ai lu tes phrases en italiques. Ici fait bien l’affaire pour te le dire.

Je me crois apaisée. Le vent m’entoure et je ne ploie pas.

Je m’obstine à ne croiser le regard d’aucune des institutrices. Il me faudrait sans doute prendre mes responsabilités à la suite d’un tel échange.

Prince, un espoir fou dans la voix « Je vais bientôt changer d’école ? ». Je ne peux lui en vouloir, son instit a menacé un enfant de le mettre à la poubelle. D’un point de vue de pure motivation, j’y vois un échec monumental de la part de l’enseignante. Je suis pour ma part, sans émotion. J’attends sans même une inquiétude, la prochaine horreur qui poussera mon enfant hors des murs de cette école. Je ne frémis même plus à l’idée de perdre mes matinées d’apaisement et d’écriture – et de doutes – je ne ressens plus rien. Il y a bien longtemps que plus personne n’a peur de la nuit qui tombe.

ble vert

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