Quelques mots pour Toi

Dans l’une des chambres, LeChat jouait du didgeridoo. Les enfants l’accompagnaient, l’un sur le cajón et l’autre chantait-riait en tapant sur un carton. Je m’apprêtais à faire un tri particulier, avant un grand saut probable dans lequel je virerai tout même moi.
Et la sonnette a sonné. Un sursit de vies.

Je suis sortie, les cheveux attachés à l’arrache un jour je saurai me coiffer et elle ma remis un colis, ton colis. Elle bataillait avec son appareil qui ne voulait pas photographier quelques chiffres et le regard attiré sur les lettres, je n’ai pu m’empêcher de m’exclamer « colis neutre en CO2 ?! », sur quoi elle a eu un regard vide, a bafouillé au revoir et m’a laissée là. Je l’ai regardée partir dans sa voiture, perplexe. Ne jamais s’attendre à ce que les gens sachent ce qu’ils font.

Le nom de ta ville m’a sauté aux yeux – et la baie sublime posée sur mon écran noir. J’ai habité vers chez toi, quelque part entre les nuages. C’était une autre vie, très effacée, très éloignée.
Je ne te l’ai pas encore dit. Tu portes le prénom d’une Dame qui me fut chère, très chère. Elle m’a apporté beaucoup, dans un temps qui nous fut compté. Il sonne avec douceur, ce prénom.

Mon colis entre les mains, je suis rentrée dans la maison musicale aux variations très, très, vaguement africaines. Je ne voulais pas interrompre cet instant de grâce, c’est seule que j’ai ouvert le carton. Les pots de la pâte à modeler pour les enfants étaient là, promesse de magie et de hurlements.
Et sur le dessus, ma boule dans la gorge.
Un carnet posé, frôlant le mouvement du monde. Comme si nous nous connaissions. Entre lui et moi une cascade de vie qui bat dans ma poitrine et dans les paumes de mes mains et peut-être que si j’en compte les battements, que si je les compte à haute voix, je verrai les mots se poser comme les filaments de musique dansent, invisibles.
Le carnet arbore mes couleurs, celles qui sont miennes en profondeur, et il parle de ce qu’il apporte dans ma vie. De prospérité, de feuilles de pipal dont le tintement chasse les démons aux abords des temples népalais, de chance et de vie, et tout ce mouvement.. Le Népal entre les doigts m’invite au voyage, celui qu’on garde au chaud contre soi tu sais cet essentiel de lumière entre les thés et les silences, la rêverie dans le regard.

Savais-tu ma passion des carnets, de ce type de papier – le lamali-Lokta pour celui-ci -, de ce pays ?

carnet

carnet piece

carnet


La musique s’est arrêtée. Ils m’appellent à intervalle régulier, témoin oculaire important : les enfants se sont immergés avec bonheur dans la pâte et entre leurs doigts la vie.
Hibou y a fait sa première véritable représentation en pâte à modeler, son premier animal, son premier quelque chose que les yeux adultes peuvent observer, sans aucune aide.
Son premier poisson.
Il a fait un poisson, inspiré par Prince qui faisait de son côté un aquarium.

poisson pâte à modeler
Hibou, 3 ans

pâte à modeler
Hibou

aquairum pâte à modeler
Prince, bientôt 7 ans

souris dans les herbes pâte à modeler
Prince, souris dans l’herbe

Merci pour la douceur, la vie, les mots en suspens, en cette journée tout particulièrement où quelques fantômes tentaient de se faire une place.
Merci de l’amitié que tu m’offres, de ce geste pour nous, pour moi, pour tout.

Merci.

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6 commentaires sur “6”

  1. C’est amusant, car j’ai acheté ce matin un livre pour offrir en me disant qu’il faudrait aussi que je le fasse pour toi et je lis ta note.

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