Il suffit d'un mot

Un, deux, .. mille pétales dans le ciel

cerisiers du japon

J‘ai préparé au mieux ma visite à chacun, mais jamais l’on ne peut rien prévoir : les choses ont une vie propre. Des thés verts ont changé parfois de maison au dernier moment, du thé noir qui a bifurqué également, des herbes aux vertus étonnantes à saupoudrer partout – mais pitié pas en soupe – n’ont pas atteint leur destinataire, un cadeau qui a enchanté et m’a laissée douce, un cadeau qui a plu peut-être, et des sourires. La vie, prévenante, m’a offert un lapin en chocolat, des jeux, des vêtements pour les enfants lors d’une visite tellement éclair que peut-être c’était la foudre qui tombait, des cerisiers en fleurs neigeaient sur nos têtes et sans doute étais-je au Japon, des poules à nourrir et le câlin très fort si fort d’un enfant que je ne connaissais pas, un œuf écrasé dans la poche, des biscuits délicieux, et et .. soupir.. mon âme sœur serrée contre moi et des tasses de thés et des silences et des regards et ma vie.

Il y eu quelques ratés, un séjour annulé. Mille au revoir à revoir. Mésange.. je nous espère. Le temps se détourne au besoin, et besoin il y a belle dame. Je suis navrée de n’avoir pour certains, même pas prévenu de mon passage, je me savais fatiguée.. j’avais même emporté quelque chose, au cas.. et puis je n’ai pas pu et n’ai pas regretté ainsi, d’avoir été prévoyante : une autre fois.

L
a première journée, j’ai dormi et la deuxième j’ai un peu émergée. Incapable d’ouvrir les yeux, j’avais cette sensation terrible de passer à côté de mon amie, d’être venue pour rien. Pour rien. Cette maladie gère ma vie bien trop souvent, je ne sais pas combattre un ennemi invisible et imprévisible. D’épuisement en épuisement, de réveils courts en réveils longs, nos deux journées se sont remplies de tout ce qu’on a toujours su y mettre : la totalité de nous.

M
es enfants ont disparu quelque part dans l’appartement sous des cabanes, des jouets, des dragons et des rêves. Hibou a distribué à l’envie des « je suis content de te voir » et lorsque nous avons quitté la dernière personne, que la porte sur nous s’est refermée, il a demandé « et maintenant on va voir qui ? », très heureux de toutes ces visites. Nous rentrions chez nous, il était 18h38 et j’ai découvert sur la route un enfant facile à vivre qui s’accommodait fort bien de la voiture : il jouait tranquillement, regardait par la fenêtre, discutait avec nous.. un moment d’une grande douceur – ce malgré un œil à peine ouvert et des démangeaisons sur le corps (qui nous valu une visite aux urgences quand il gonfla finalement, ce corps. Araignée ou moustique, a dit le médecin). Nous nous sommes arrêtés à trois reprises pour lui et pour nous, il a joué à me foncer dessus avec une voiture cimentée, et au fil des kilomètres nous mangions les merveilleux biscuits fait avec amour par ma chère amie comme si nous partagions encore avec elle des sourires et des mots.
Nous étions à une heure d’arriver chez nous quand LeChat m’a dit fatiguer et manquer d’attention. Nous avons joué à des devinettes et les fou-rires nous ont accompagné à destination, réveillant l’énergie et lui et moi. Il était minuit quarante-cinq lorsque nous avons garé la voiture et nous n’en pouvions plus, vraiment, de toute cette route accumulée.

J‘ai découvert au détour de mon cadeau d’anniversaire, que je raffolais de la cuisine pakistanaise et que c’est au moins la meilleure nourriture au monde – jusqu’à la prochaine que je gouterai, cela va de soi. Et comme parfois je prends la vie pour un défi permanent, je vais tenter de cuisiner pakistanais.
Il me faut bien cela pour me faire retourner en cuisine.
 

River by Ibeyi on Grooveshark

 
 
 

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3 Comments:

  1. Mésange

    Touchée par tes mots et tes pensées ici. Je nous espère aussi mais je sais qu’on y arrivera la prochaine fois…parceque ca ne peut pas être autrement! J’avais promis des photos d’anniversaire. Je te les envoie par mail de suite. Des bisous doux (plein)

  2. Blanche

    -oh oui je veux gouter ta cuisine pakistanaise…-
    Tu venues pour tout, merci pour la recette que je respecte presque, pour les silences et les paroles et pour cette impression de me retrouver au creux de ta présence

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