Silhouette

boudhajardin

_ Et tu fais quoi toi en ce moment ?
_ Je crée des étincelles.


Tu fais quoi toi en ce moment ?

Je lis les pensées de Lizly reçues cette fin de semaine, je lis ses pensées plongée dans le magazine Flow. Je lis les pensées de la Dame, dans l’enthousiasme et la positivité de l’instant. Et lors d’un bref instant déjà passé, Flow a posé la question « Vous faites quoi en ce moment » et je me le suis demandé très sérieusement. C’est que je perds des liens, je crée des instants, j’arpente la solitude de mes thés, je remonte des fils et je chuuuut dans la lumière.
L’avenir appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves, disait la première page encore non ouverte. Je me crois capable de rêver le nez dans ma tasse.

pissenlit coeurJe lis de papier et d’encre, je lis Roublard de Mr Pratchett. Je ne sais si la mort de l’auteur m’a glacée à ce point ou si le simple fait que cela ne se déroule pas dans le disque-monde m’a perdue sur un bas côté, mais j’ai une légère difficulté à le lire alors que je le sais bon. J’ai à peine entamé les premières pages que déjà l’histoire a avancé, dérapé, foncé.. J’ai une sensation terrible de vitesse et c’est effrayant la vitesse, on a des accidents, on se retrouve à faire du deux-roues dans un virage et à imprimer le pneu avant dans le bitume et à le cacher à sa mère. On se retrouve avec un auteur mort et un uppercut dans l’estomac.
Je souffre de la mort de mon auteur préféré.

Je lis le dernier numéro de Peps. Ma belle-maman m’a demandé innocemment si j’avais lu l’article sur les repas ce qui n’était pas le cas. Elle a réussit l’exploit de me faire tomber d’accord avec elle ; je savais pourtant que nous serions en désaccord pour en avoir parlé avec Blanche.. je n’ai pas compris ce qu’il s’est passé. Elle est très forte, ma belle-maman.

Je cherche une excuse pour ne pas me faire une jupe à 4/6/8 panneaux je n’ai pas encore tranché. Je me prouve de mille façons que je suis capable de coudre mille belles choses, pourtant il y a toujours cet instant où je bascule dans l’angoisse cette mauvaise fée sur l’épaule qui me susurre que je ne suis bonne à rien et que je ne réussirais pas qu’il y a des gens mille fois plus compétents et que me mesurer à ma tante n’est que folie. Je l’ai dépassée cette petite voix dans pratiquement tous les domaines, mais la couture reste mon cheval de bataille.

mesange bleueJe tais. S’approche la réponse à une question que je ne me suis plus posée depuis si longtemps, s’approche une rencontre avec moi-même et je ne sais pas ce qu’il en résultera, j’ai hâte et peur et envie et mal cela impactera tous mes futurs pas. Et c’est effrayant, un avenir qui peut changer, c’est effrayant qu’une seule personne inconnue tienne entre ses doigts un bien être possible même si jamais il ne sera miraculeux. Cela n’a pas de sens, d’avoir peur d’être mal reçue mais je n’ai tellement tellement pas les épaules pour attendre encore deux ans.. Je sombre par centaines de douleurs, j’éloigne des amitiés trop légères, je m’éloigne moi de la sociabilité instable créée de toute pièce pour ne pas éparpiller mon énergie, j’envole des souvenirs et j’en croise, ensemble, imparfaits. Je m’offre au vent, prendra qui le souhaite mon regard et mon entièreté. Je compte bien m’attraper, moi.

Je procrastine. Après avoir tant fait, tant créé, tant bougé, rangé, trié, jeté, vécu, arraché, enDeuillé, mis en terre, accepté, refusé, voyagé, rencontré.. je procrastine la fin de l’avril. Je rêve de mes rêves. Rêvasser est la plus douce des activités et j’ai l’art de m’y complaire.

Je crois que je vais lister de nouveau mes rêves et les faire éclore avec soin.

saute

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Est-ce qu’il y a quelqu’un pour écouter les rêves ?

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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