A quelques hier de toi

bouquet fleursBlanche dormait de ce sommeil qui m’est particulier, et j’en ai profité pour repeindre mon blog d’une autre manière – de celle qui amène la douceur. Je ne peux bien sûr pas promettre de le conserver, mais il n’a pas les défauts du précédent ce qui déjà, est bon signe. J’ai oublié pendant quelques jours l’échéance qui approchait, et nous avons parlé, nous nous sommes promenées, nous nous sommes assises le regard dans les arbres, nous avons marché le regard en nous, nous avons acheté, nous avons partagé.. J’ai découvert oubliées sur la table, les graines de pavot – je les ai plantées en pensant à toi -, l’agar-agar dans son sachet je vais les savourer, une chaussette de Lutine perdue dans le lit de Prince.. Le bouquet de fleurs des champs accompagne mon regard pendant que j’habille les enfants pour l’école, je déguste le gingembre confit, et puis ce vin de surreau que nous avons préparé.. Tu es encore dans chaque instant de vie, une présence absente : tu es là, tu me manques. Déjà. Ce n’est pas raisonnable.
Je suis à quelques hier de toi, je ne veux pas regarder celui où tu es partie alors je saute-mouton et je reviens à ton arrivée. Le maintenant passe toujours trop vite, il meurt d’être déjà passé. On passe la vie plus vite d’accord ? On passe la vie plus vite et on se revoit presque demain. Dans deux demain je serai là.

Demain, je meurs. Demain se décide ma vie médicale et mes doigts et mon poignet vont soudain merveilleusement bien, je n’ai plus rien à montrer pour dire « j’ai mal à en être handicapée dans ma vie ». Ce corps fait ce qu’il veut et l’injustice de ces journées est accablante. Alors demain j’irai mourir au bord de la mer s’il le faut mais je dois pouvoir entendre que je vais être prise en charge sur un plan médical. Je veux pouvoir ouvrir toutes les autres batailles, celles où je vais m’épuiser avec des praticiens incompétents dans une maladie trop rare pour qu’ils connaissent les conséquences d’actes inappropriés. Je m’en plaindrai c’est certain, mais je veux avoir la chance de m’en plaindre justement.

Demain je retourne, hasard d’une vie, dans la ville que j’ai habité si longtemps, ma ville étudiante. Et peut-être retourner au bord de l’eau entendre les vagues se jeter à nos pieds pour polir chaque grain de sable mille fois retourné. Chevalier nous y recevra et ce sera si doux de le revoir, de se parler, de s’écouter. Je vis des journées d’amitié intenses, cela m’épuise littéralement et pourtant c’est ce qui me nourrit ; je ne les échangerais pour rien au monde.

Je prépare l’anniversaire de Prince et je n’ai que ce matin pour le faire. Flow m’a inspirée avec sa banderole et j’en prépare des ribambelles – que ce mot est doux – pour créer de la joie dans la maison. Il ne veut toujours pas le fêter avec des copains, et cela m’arrange. Je ne sais pas faire, je n’en ai jamais eu (Enfin une fois. J’y ai reçu une claque pour avoir cassé un verre, le reste du souvenir s’est éteint dans le fiasco de ma fête.). Je vais lui faire un petit air de fête-surprise, pour lui voir des étoiles dans les yeux, celles qui brillent sans couler – sa cousine-sœur lui manque et il n’en finit plus de pleurer.

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7 commentaires sur “7”

  1. La douceur est belle est bien là, j’aime ton ambiance. J’ai moi aussi un petitou solitaire qui ne fête pas son anniversaire entre amis et ne veut pas faire de sport le mercredi :)) On les aime pour ce qu’ils sont anyway. Des bises

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