trop branches arbre

 

Il est impossible de se vider entièrement intérieurement, il est tout autant impossible de vider sa maison. C’est effrayant tout ce qui m’entoure, c’est effrayant de jeter autant et de ne ressentir qu’un soulagement passager, c’est effrayant de jeter et se dire mais j’ai encore tout ça ? Je n’en fais pas le tour. Plus je me défais plus je possède.

Est-ce que tout n’est pas en trop, déjà, avant même de l’avoir eu entre les mains ? Tous ces tissus pour qui il faut une armoire entière que je ne peux que si rarement coudre, tous ces ustensiles de cuisine trop lourds trop encombrants, tous ces meubles, tous ces papiers, toutes ces choses.. Si je me faisais nomade, de quoi aurais-je réellement besoin ?

Quand l’envie me prend de jeter encore et encore, je me demande si je ne regarde pas les objets d’un peu trop prêt, la vie d’un peu trop prêt. Je ressens une telle urgence à me défaire que je n’en sais plus le sens premier. Je continue pourtant, et je ne sais pas non s’il y a du sens à tout cela. Je ressens simplement ce besoin de retirer.. et peut-être que je me trompe de voie. Je suis exécrable de douleurs et d’immobilité, et c’est peut-être à chercher de ce côté là ; si je ne peux arracher la douleur, j’agis pour enlever ce qui m’encombre sur un autre plan peut-être..

Alors j’avance, je hurle sur le pied à l’articulation déplacée et puis je repose le pied sans souffrance parce que mon corps ne se comprend pas lui-même, et je m’épuise à tourner dans toute la maison. Je crois que si j’écoutais vraiment ce qu’il me dit, j’entendrais les mots qui cherchent à se poser. Et la douleur. Et je ne veux pas. L’entendre, la subir, la toucher. Je m’occupe tant et plus et je n’arrive pas à me poser pour écrire.

Écrire est un effet du silence. Je me noie sans doute dans trop de mes bruits pour que le silence me parvienne et que je puisse l’écrire.

Je me cherche en paix.
 

2 commentaires

  1. Cette lucidité , cette capacité d’introspection que tu as …cela me sidère… Cette douleur , la frustration de ce que tu ne peux pas faire … je ne peux qu’imaginer …
    l’envie de jeter comme enlever tout le superflu ne laisser que l’essentiel ?
    tu as déjà tant à porter avec ton corps alors pas de place pour le reste ?
    Plein de bisous pour toi et toujours ce regret de la distance qui empêche les petits coups de main du quotidien …

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