Il suffit d'un mot

La vie se décide maintenant

marguerites
 
La vie me bouscule, je suis son courant je me laisse entrainer je ne m’agrippe à rien et c’est effrayant un peu. J’aimerais parfois que ce ne soit pas que ça, on se fait désarticuler si ça va trop vite, on ne sait plus où l’on va. J’y vais pourtant. J’ai prévu un colis pour Djibouti et les choses s’entassent sur la table. J’ai arrêté ce traitement qui m’a bousillée sans l’avis du médecin que je n’arrive pas à voir, la fin du mois était trop loin. Notre anniversaire de mariage s’est tassé dans un coin, amoureux fatigués de nos journées. Nous faisons des plans pour une maison autonome et on visite dans le même temps des maisons mal isolées, sans doute la peur de l’auto-construction et cet épuisement qui nous tient, nous parlons colocation également. Nous réenvisageons l’école à la maison et j’ai peur de m’échouer sans vie. Je cuisine indien et nous nous régalons de recettes divines qui prennent du temps et de l’énergie. Après une journée entière à mettre en vente, les appels et les mails pleuvent, les timbres se vendent et ils vont rattraper le gouffre du mois dernier, j’ai du refuser quatre personnes en quelques heures pour un jeu de cartes que je bradais et qui, je l’ai appris, n’est plus sur le marché – rare il est. J’ai trié les vêtements pour en donner à une maman qui en manque, elle va me donner deux vestes pour Hibou car j’en manque moi, l’échange parfait. Je lis parce qu’il me faut bien ça pour m’évader mais rien n’évade que ce que j’aurais besoin d’écrire. Je donne tant de moi que je m’endors de fatigue soir après soir sans pouvoir tenir ses caresses, les mains glissent sur nos sommeils. Mes rêves me lestent me plombent me traversent de peur, j’y perds mes enfants, j’y trempe mes mains dans de l’acide sans me blesser, j’y retrouve ces timbres que je lâche enfin.
La vie est intense, je n’ai plus de trêve.

Le soleil réchauffe mon corps, je vis beaucoup mieux pourtant. Ce qui explique sans doute la frénésie des journées. J’ai la sensation que la vie se décide maintenant, régulièrement je me demande si je devais mourir demain ce que j’aurais voulu avoir fait. Rien ne me vient à part l’écriture, je crois que c’est un signe que je suis bien dans ma vie.

Je n’ai pas besoin de vous le dire ou peut-être que si : je continue de jeter, jamais assez. Des larmes me viennent parfois, je pleure allez savoir quoi. Si je continue il n’y aura plus rien dans ma maison plus rien en moi.
 
 

2 Comments:

  1. Un colis pour Djibouti…❤ Ton texte est magnifique. Les journées sont bien remplies, elles se suivent et s\’enchaînent sans pause ni répi. Le temps s\’égrène et on ne le voit pas passer. Ça file le tournis oui je trouve aussi. Le soir, comme toi, je m\’effondre dans mon lit, usée et noyée de fatigue, avec encore tellement de choses à faire, tellement de manque.
    Courage !

    1. J’attends que tu m’en dises plus mais j’ai commencé, pour certaines choses je pense que c’est pareil que dans l’asso de ma belle-maman 🙂 (au pire j’aurai fait du tri \o/ )
      Toujours ce « tellement de choses à faire » oui, c’est fou.. Aujourd’hui je vais essayer de me poser plus, je suis trop épuisée ^^

      Merci, à toi aussi 🙂

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