Pensine

Dans le ciel levé

sous bois
 

Nous avons bravé les sombres nuages amoncelés par groupes et le ciel bleu a finalement gagné la journée – pour perdre lorsque nous sommes partis, épuisés. Les bulles soufflées par un petit vent se froissaient comme les âmes que nous sommes, une essence égarée sur la terre. Je ne sais pourquoi j’ai songé au liquide amniotique comme si un bébé se tenait en leur centre.. J’ai regardé mes enfants buller jusqu’à épuisement du produit, hurler de joie, courir après la huppe – qui ne les a pas attendu, et encore moins mon appareil photo – et se jeter sur la couverture pour boire, boire, boire. Nous avons mangé nos tomates et nos abricots, entourés d’arbres de fourmis et d’araignées qui volaient dans les airs le plus naturellement du monde. Huit pattes et un fil, pas besoin d’ailes – ce monde est tout à sa folie. Le soleil scintillait entre les feuilles à la surface de mon thé et sur la page de ma liseuse. Sa dentelle jouait avec délicatesse sur ma peau, elle disait ce chemin qui lézarde et réchauffe les pieds nus, elle mettait l’accent sur des lettres ou des mots que je tenais, l’histoire s’achevant dans l’herbe et ses yeux qui s’ouvraient. J’ai terminé ce livre dont tout le monde parle, quelques heures suffisant. Je suis là. Un petit conte fleurant Marc Lévy sans le côté trop abracadabrant – ce qui était miraculeusement bien venu. Une trop grande simplicité dans les mots une certaine pauvreté même, des phrases souvent trop courtes pour mon souffle si j’avais du le lire à haute voix, un instant pour se délasser et ne penser à rien d’autre que les couleurs des voix. Étonnamment, ou peut-être justement sa simplicité m’y a-t-elle conduite car il fallait bien m’occuper, en filigrane je songeais à ce que j’écris et j’ai su où j’allais. L’évidence, j’étais passée à côté de l’évidence puisque je l’ai commencée ainsi, sur la fin – ne vous inquiétez pas de relire la phrase. Un livre pour la plage donc, ou pour les pique-niques justement, puisqu’il permet de garder les oreilles et un œil vers les enfants courant au milieu des arbres.

Ce que je déteste dans les pique-niques, c’est la facilité avec laquelle je finis par me tordre les cervicales comme si j’avais déplacé la colonne vertébrale de quelques degrés. Il me semble que je ne pourrai jamais y emporter une chaise-longue – les mirages ne demandent qu’à exister pourtant. Je ne devrais pas je le sais m’appesantir, j’ai la joie de pouvoir m’y rendre, profiter, photographier, lire. Je dois déjà rattraper les quelques dégâts, la souffrance s’est installée. Mais si je peux le faire et continuer, alors la vie se fait comme elle devait.

Je peux repartir à mon livre, m’enfermer dans la musique, retourner en 2004 et frémir de refaire vivre les derniers instants de toute cette histoire. Je ne suis pas sûre de savoir ce que je m’impose. Mais depuis que LeChat a rouvert les portes de ma confiance – la mienne, celle qui s’effiloche avec le temps qui passe et les questions qu’elle lisse – elle ne se raconte plus à voix basse. Et c’est cela sans doute, que j’attendais.
 
 

Tu me rappelleras le ciel qui se déversait sur le pont un soir de dispute
la dureté des regards quand nous n’avions plus d’avenir
On peut partir m’as-tu dit
et le vœu s’exauce au-delà de ce que tu as demandé


 

Hibou

enfants bulles

enfants bulles 4

enfants bulles 2

enfants bulles 3

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *