oiseau fenêtre

 

La nouvelle de la mort de Corinne m’est parvenue, un coup de poing dans le ventre. J’ai eu l’impression de suffoquer et puis j’ai pleuré parce qu’il n’y avait que ça à faire. Je me remets toujours difficilement des suicides, il y a là quelque chose qui me glace. Je crois que c’est l’abandon, dont je ne me remets pas. Le mien toujours un peu – même si là il n’en est pas question le moins du monde – et puis le sien. Et de l’après, ce déchiquetage sombre. Si nous savions cet après là nous n’y songerions pas.

J’ai effacé ce que j’avais écrit sur les réseaux, chaque chose à sa place : je n’aime pas y déverser mes émotions, les négatives qui font mal par ricochets parce que nous les envoyons brutes et sans sens. Je reste avec ce poids, cette tristesse. Mon regard est voilé par sa mort.

Mes enfants hurlent. Ils se voudraient sans doute possible enfant unique, chacun. Ils le formulent, nul doute sur la question. Le week-end beau-parental fut une horreur grâce à eux, je ne m’en remets pas. Je voudrais disparaitre, une île déserte, une montagne à gravir loin de leurs voix perçantes. Je suis arrivée au bout de mes capacités de mère bienveillante. Le prochain qui blesse l’autre ou le prochain qui m’envoie en pleine tête une branche avec épine je le ligote dans la baignoire.

Je n’ai pas peur. Nous ne survivrons pas.
 
 

2 commentaires

  1. Avec toi par la pensée, et bientôt pour de vrai. J’espère que nous pourrons aider, chacun à notre manière, mon fils et moi.
    Courage, beaucoup d’amour en chemin 🙂

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