pissenlit dandelion
 

Tu ne l’as jamais dit. Tu as laissé couler en toi tout ce qui te blessait, tout ce qui te mourait. Ta mort en dépendait, tout ce que tu pouvais exiger de violence dans cette fin ingrate. Maintenant que ta peau s’est ridée et que ta main sert frénétiquement celle de cette inconnue qui vient une fois par semaine à ton chevet pour soulager sa jeunesse, tu peux bien lâcher ce qui t’a tué pendant quatre-vingt dix neuf années quatre mois et onze jours. Ou onze mois et quatre jours, ce dédale qui s’étire. C’est que les jours se ressemblent tous, quand enfin la mort tombe sur tes épaules comme une couverture un peu lâche.
Ça va la tuer, la petite. Ça la tuera comme toi. Injustement.

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