Si douloureuse la connaissance de l’autre

moitié moitié ombre et lumière
 Tant de manques, je m’en bouscule toute seule. La peur de déranger, d’ennuyer, de m’imposer.. je laisse parfois partir des personnes parce que je ne comprend pas leur fonctionnement. J’ai profité ce matin d’un hasard de la vie, pour m’ouvrir. Une douce conversation et une belle déclaration d’amitié plus tard, j’en suis encore à me demander pourquoi je n’ose toujours pas aller vers l’autre quand j’ai la sensation qu’il s’échappe – ceci afin d’améliorer ce constat intéressant que ma foi oui, je suis appréciée. Et quand je lui ai dit que je ne savais pas pourquoi parfois ça ne fonctionnait pas d’être une amie proche avec les gens, la réponse m’est venue de O., que je pratique toujours aussi mal après quinze ans : « ma petite sauvage, être amie proche c’est pas ton truc ». Comment lui expliquer que ça l’est si on ne cherche pas à me faire faire ce que je ne veux pas ? Je l’adore cette fille, et je vais la voir chaque fois que nous passons vers chez elle. Mais il y a certaines choses impardonnables entre elle et moi. Des heures suspendues où elle m’a brisée, sur lesquelles S. est mort. Elle ne sait pas ce que je peux offrir, parce que je sais ce qu’elle peut blesser.
L’amitié, ce peu de chose brisable en un souffle.

Elle n’aurait pas du rester.
Elle est venue à mon mariage parce que parfois je suis étrange, notre amitié est repartie forte et étrange elle aussi ; elle m’a apporté une aide inestimable pour gérer la douleur, je lui en ai apporté tout autant. Elle a une générosité sans fond, elle est fiable quel que soit le domaine, pour l’amitié c’est un brin plus compliqué quand elle pense avoir raison et qu’elle impose cette vision. Et elle pense avoir raison souvent. Alors je la laisse faire, et je ne me confie pas – et j’écoute tout. Ça m’évite d’avoir mal.

Je suis en amitié comme dans la vie. Entière, fuyante devant le conflit, fuyante devant la douleur, généreuse, à l’écoute. Mais je ne donne rien – deux fois – qui puisse me faire mal. Jamais. Ma confiance est offerte avec les clés, je ne suis que profondeur et vous pourriez me tuer. Comme ça. Alors parfois la douleur me demande du retrait. Mon amitié est offerte sans prudence, mais après une première blessure je conserve mon âme plus loin.

Mais je ne pense pas non, que l’amitié proche ne soit pas mon truc. Je la recherche, je la laisse s’installer si je trouve une personne merveilleuse en face. Je sais écouter, parler s’il y a le besoin, me taire, offrir du thé, du temps. Je sais être pleinement là. Les deux fois où je ne l’ai pas été, vous êtes morts. Les deux fois. C’est violent vous savez. Sans doute faut-il y voir là mon besoin d’être là quand vous en avez besoin, pour cela que je ne sais pas faire autrement qu’être là, présente, à l’écoute. Pour que vous ne filiez pas en douce de l’autre côté, comme ça, quand j’ai le regard tourné en moi. C’est dangereux, je suppose. Alors même blessée, je vous aime. Je ne sais pas toujours comment vous fonctionnez, ça se brise parfois parce que je n’ose pas vous dire que je ne comprends rien à vos allers et retours. Mais j’ai une amitié toujours disponible.

Il y a cette élipse étonnante, les réseaux. Je ne sais pas toujours gérer cette relation à distance parce que twitter me brime avec ces cent quarante caractères et que je m’en sors mal avec ces quelques signes. Les réseaux sociaux me laissent un peu tendue, solitaire, à l’écart. C’est comme un immense courant dans lequel s’insérer et ça me fait peur ce courant, je vais glisser et tomber, je vais m’y briser ça va trop vite, je vais me faire happer et trébucher et disparaitre et..

Je me sens autiste, sur les réseaux. Je fais de mon mieux, heureusement que certain(e)s s’accrochent à moi pour m’aider à conserver le lien. Les réseaux sont une parenthèse, une complication que je m’impose avec un certain plaisir dû au vertige, pour la beauté des personnes que j’y rencontre.

Être mon amie est facile. C’est le rester qui est plus difficile si vous y aller au couteau.
Je vous aime, même avec ce couteau. Je met juste une distance de sécurité et de l’amour entre.

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2 commentaires sur “2”

  1. *douceur*
    merci d ‘être une « ame » proche
    le i n’ayant pas voulu s’inscrire je le laisse sans et sans accent… Comme un pont entre âme et amie

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