Il suffit d'un mot

[écriture au hasard] La mort dans ta face

chardon fleur
 
Ça ne s’écrit pas. La haine, la haine de soi, l’étrangeté du monde qui déverse son trop-plein d’agressivité sur l’autre et meurt étouffé dans ses propres mots. Ce n’est pas beau à voir, ce poison. Il enfle les visages au point de les défigurer, joues cramoisies et suffocantes. Les marque à jamais telle la peste, la peau constellée de ces mots assassins. La bouche pourtant continue de former méchanceté et cris, doigt pointé et coup dans la face ; et l’autre prend la fuite, cherche à rester en vie, il se protège du déluge. Il est pourtant terrassé par la portée des lames, terrassé par la violence balancée, la douleur qui frappe comme en écho ; on ne lutte pas, jamais. On ne lutte pas contre cette haine, la haine de soi, la contagieuse avancée des sens aiguisés comme des couteaux. Et on se blesse. Oh la blessure semble anodine, on lèche nos plaies. Gentiment. Dans une ruelle sombre, pour qu’on ne nous voit pas parce que la fierté, parce que même pas mal. Et puis on émerge doucement avec encore un peu de sang collé sous les chaussures parce que bientôt on va se remettre, on va revivre, on va sourire avec les dents, on va mordre. Un juste retour, un trop-plein à déverser, un peu de sang peut-être, un peu de sang sous la semelle à coller sur la face de l’autre dont on croise la route sous un réverbère mal éclairé. La colère de s’être fait mal sur la haine d’un autre, la colère d’avoir été abandonné dans la ruelle, la colère d’avoir eu mal, d’avoir eu peur ; ça vous fait vomir un hurlement qui vient des tripes. Ça soulage. Et parce que ça soulage on va recommencer, encore, et encore. La haine, la haine de soi balancée dans l’écoute de l’autre.

On se blesse.
On blesse l’autre.
On meurt.
Tous.
 
 

[écriture automatique sans relecture ; but d’écriture – chaque jour – uniquement – balancé là sous peine d’être jeté]

 
 
 
 

2 Comments:

  1. Blanche

    Il y a ce s absent… Que je cherche parce que les fautes toi jamais. Mais sans relecture alors. La marque ou les marques pourquoi pas un entre deux. Pas vraiment une seule marque pas vraiment plusieurs. Une énorme marque qui en contient plusieurs qui les contient toutes. Oui finalement les marque ça a quelque chose d’une perfection poétique. l’oubli.

    1. C’est beau tu sais..
      C’était à lire « il » les marque. Je n’ai pas remis le « il » de la phrase précédente et ça fait cafouiller la lecture un peu, tu l’as lu autrement et ça se lit ainsi aussi. Et c’est beau.

      Merci. J’ai presque l’impression que tu as répondu, une écriture à deux tu sais ? Qui apaise mes mots 🙂

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