Pensine

Ce que les nuages disent de moi

nuages orageux champs de ble
 

Nous décalons les regards. Nous avons cette vision enfantine sur la nature qui nous fait décaler la vie. J’ai conscience que nous devions être les seuls clampins à regarder les nuages dans le ciel, ce 24 juillet, pendant deux heures – nous avons observé le ciel en nous extasiant, oui !, pendant deux heures et la nuit seule a mis fin à cette joie indescriptible – tout au long de la route nous menant à Paris. Mais ces nuages, ces nuages.. ils formaient une vie incroyable dans le ciel, une multitude de tableaux différents où que nous portions notre regard : des arcs-en-ciel, des taches, des boules de coton, des nuages comme effacés, des nuages ronds, des menaçants, des doux, des formes animales, des déchirures, des filaments, des tornades horizontales, des tonneaux, des coins bleus roses ou jaunes, des gorgés de soleil ou de pluie.. le ciel jouait à exister. Tous ces nuages, en même temps. Tous. Nous n’avions que le regard à déplacer et nous avions un autre spectacle.
Et nous existions dans ce jeu, émerveillés et enfantins.

La vie dans le ciel était bouleversante de beauté.
Les photos que j’ai attrapées au vol ne lui rendent pas justice, parfois à travers la vitre, parfois le vent en bandoulière – c’est que l’autoroute tout de même – tout le temps à l’arrache et toutes à la vie..
 

nuages paysage champs
 
nuages arc en ciel
 
nuages soleil
 
nuages forme coton
 

soleil nuages sur la route

 
nuages soleil
 
nuages formes
 
nuages soleil perce rayons
 
nuages formes bleu
 
nuages eclaircie
 
Il y en aurait d’autres encore mais jamais je ne pourrai retransmettre ainsi ce ciel incroyable qui se mouvait sous nos yeux pour changer de forme instant après instant – d’autant que pour bien faire, il m’aurait fallu faire un panoramique plutôt que fragmenter ainsi ce ciel. Jamais je ne reverrai sans doute, pareil enchantement, jamais ne goutterai de nouveau à cette délicatesse. Car oui gourmande que je suis, j’en aurais volontiers redemandé. J’ai eu la sensation fugace mais percutante que le ciel gérait ses émotions avec une rapidité incroyable.

Je garde en moi et sur quelques photos éparses et non représentatives ces nuages changeants – il me faut bien une mémoire – et reste toute à la douceur de ces couleurs étonnantes.

*

J’ai vécu Paris sur ce mode apaisé. Pour la première fois nous n’avons vu personne, prévu aucun rendez-vous, nous n’avions pas le moindre impératif. Est-ce cela ? De savoir que nous étions libre de nos mouvements ? Pas le moindre stress ? J’ai vécu pleinement mon séjour. Et ce bien que la jambe de LeChat ai commencé à changer de couleur, des bleus apparaissant, une cheville qui ne pliait plus. Je me suis découvert des mains faites pour le massage et le soin. Moi. Mes mains. J’ai visualisé la blessure – et j’ai pris peur de cette masse blanche comme nécrosée – et LeChat remarche mieux, il boite bien moins, la couleur vilaine a arrêté sa diffusion dans le pied, la cheville a dégonflé (ce qui ne lui évitera pas le médecin).
Il passe des vibrations quand je masse, une énergie qui déplace. Mes doigts qui savent.
Et je ne sais s’il s’agit de la connaissance du corps de mon mari, ou s’il s’agit de moi.
J’aurais aimé être masseuse.

 
 
 

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

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