Il suffit d'un mot

Une certaine idée de la mélancolie

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J’ai mis un peu de temps à le refaire, ce dessin. Différemment parce que j’ai compris que je devais me méfier du crayon aquarellable noir, différemment parce que je n’aime pas faire et refaire, différemment pour une plus grande douceur. Je préfère avancer, faire autre chose, découvrir.
Je vais enfin pouvoir l’envoyer à mon amie O. – ce qui tout de même est intéressant à faire avant qu’elle n’accouche.

J’ai commencé à dessiner une sorcière. Il me manque des crayons, des couleurs et elles viendront, bientôt. En bateau. J’ai dépensé tant et plus, pâte à modeler, feutres effaçables, peinture, perles en bois.. que j’ai englobé dans mon geste des crayons, pour moi, pour mon plaisir. Pour des douceurs. Derniers achats du mois, cette vie dépensière à ses limites.

J’ai repris quelques mots, entre deux respirations. Je me suis souvenue pourquoi je n’écrivais plus, j’ai vu poindre la date et j’ai compris pourquoi je tentais de reprendre. Je ne m’en sortirai pas. Je tombe alors sur ces mots « Si un écrivain tombe amoureux de toi, tu ne mourras jamais vraiment » et je demande, est-ce juste que de l’écrire, est-ce juste de garder cette part vivante, intacte, contrariée par la mélancolie de l’écrivain ?

Je me sens comme si tombait la pluie. Ce froid qui saisit et cette envie de thé sous la couette, mon livre entre les mains et le seul clapotement des gouttes sur les vitres des fenêtres. Je me voudrais à Paris sous une pluie fine, assise à une table avec la légère fumée de deux thés partagés et voir le monde trempé et flou se presser, courir après la chaleur.

Il ne pleut pas.
Mais il pourrait.
 
 
 
 
 
 

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