fleur violette

 

C’était ce matin. Ou alors cette nuit, entre deux rêves où je prenais la fuite avec Callie – pour être libre. Ce n’était pas Callie l’important, c’était la fuite. La liberté. L’envie de vivre, cette forte envie de vivre libre.
Il s’est passé quelque chose, quelque part entre les rêves, les réveils, les départs de LeChat en pleine nuit et le lit soudain froid, et mon moi gelé de son absence.
Ce matin je me suis levée en pensant partager du temps d’ordinateur sur le PC de LeChat. Je me suis endormie, pour une fois, sans difficulté. Sans inquiétude concernant ce tas de circuits qui refuse de fonctionner normalement. Une certaine philosophie de ce qu’allait être mes journées m’avait déjà envahie.
Mon pc ce matin, était éteint. Je l’avais laissé allumé toute la nuit, dans un grand mouvement d’optimisme. Pourtant ce matin, il était éteint. Je l’ai rallumé, sans grand espoir qu’il ne me parle davantage qu’hier et pourtant, seize heures plus tard il voulait bien reconnaitre mon deuxième écran. Comme ça. Passée la joie de la découverte, les installations diverses, les mots de passe retrouvés, les recherches de logiciels plus adaptés que ceux d’il y a trois ans, et mes vingt-et-un blogs de retard à lire, … je me suis rendue compte que mon ordinateur ne comptait plus.
Comme ça.
C’était ce matin et j’approchais d’une autre vie.

C’est une chance, que je le vive ainsi, une chance. Parce qu’il continue de planter, d’arrêter ses programmes, de me faire disparaitre dans mon écriture. Je crois qu’il se contrarie sur ma musique et sur twitter, parce que systématiquement il se plante dans un mur quand j’écoute l’un ou que je lis l’autre – ou alors il déteste firefox. Et je n’ai même pas encore installé Photoshop. Je crois qu’il est définitivement temps de songer à une vie autre. Sans lui.

J’ai peint sur mon beau carnet et je dois garder le trait léger pour que l’eau ne traverse pas – il n’est pas prévu pour – et je crois que je vais me remettre à écrire sur le papier. Hibou peignait sur la table et parfois sur sa feuille, c’était doux, nos mouvements ensemble et les couleurs liées. Je lui ai appris à jouer aux dominos parce que je ne voulais pas faire rouler ses voitures – je suis cette maman qui n’aime pas jouer avec l’univers de ses enfants. Il a parfaitement bien intégré le concept et il a gagné la partie sans le réaliser.

C’était dimanche, et je regardais une maman compter les points qu’elle faisait contre son enfant de deux ans qui ne comprenait pas très bien où ils étaient, ses points. Avec Hibou nous lancions les boules dans la spirale de bois et on rigolait comme des fous, je ne me voyais pas lui annoncer les points. L’important, c’était leur course. Alors on les lançait toutes en même temps, c’était la pagaille. Une chance que les ludothécaires étaient occupées à discuter, nous nous sommes évités les vilaines remarques. Nous le savions hein, qu’on ne jouait pas comme ça. Les règles sont faites pour être contournées. Et pour mélanger les couleurs.
Nos enfants, qui avaient déjà vécu pleinement les lieux deux fois, ne se sont plus du tout intéressés aux jeux de leur âge, qui n’avait pas été renouvelés. Pendant deux heures, nous avons joué ensemble aux jeux pour les adultes – vous savez, ceux là même qui nous avaient valu la sèche remarque, « ils ne peuvent pas comprendre les règles ». Ils les ont comprises, ensuite ils les ont détournées, et nous nous sommes beaucoup défoulés.

C’était toujours dimanche, et je disais aux gens dépassés que tout était simple. Les ludothécaires étaient occupées à discuter entres eux et ça duraient des heures, ils ne voyaient plus les personnes qui s’asseyaient et qui tentaient de lire la règle proprement plastifiée, délicatement posée pour qu’elle soit lue et non expliquée. Pour une heure, j’aurai été ludothécaire et je me suis amusée. Sur le retour – définitif puisque la fin des Portes Ouvertes – nos enfants pieds-nus avançaient dans la ville comme si elle leur appartenait. Et c’était le cas.

Ce matin je songeais en versant l’eau brûlante, qu’il allait me falloir penser à ralentir mes tasses de thé et mon gingembre, ou à convenir d’un meilleur équilibre de ce qui rentre et sort de cette chose qu’on appelle banque. Je vais devoir réinventer ma vie.
 
 
 

Like

4 Comments:

  1. Grr Méchant Grr

    Il plante à nouveau ?
    Soit tes installeurs de programmes sont pourris, soit c’est carrément ton Windows.
    Pire : disque dur.

    1. Le problème s’est aggravé de manière incroyable. J’ai failli virer firefox et passer chez Opéra, et puis j’ai finalement trouvé (je pense, en tout cas pas de souci depuis 1h, c’est parlant) : le module Better Privacy me plantait tout, firefox et PC. Voilà, c’est à priori bien réglé, ouf !

  2. Alors, toi aussi, tu n’aimes pas faire rouler des petites voitures ?! Il paraît que j’adorais ça, enfant. Maintenant, je trouve que c’est ennuyeux au possible. Quand il me dit : « maman je veux que tu viennes jouer aux voitures avec moi », je réponds : « tu ne préfèrerais pas qu’on fasse un autre jeu comme… » Actuellement, celui qui marche, c’est « La poule sur un mur » (non je ne suis pas payée par Oxybul), mais il y en a eu quelques uns avant, il y en aura surement d’autres après. Là aussi, parfois, en fonction des idées de l’enfant, on détourne un peu les règles. Moi non plus « je n’aime pas jouer avec l’univers de » mon enfant, et en même temps si, comme toi, puisque je leur laisse la liberté de créer leurs règles et leur univers malgré tout. Et les petites voitures, je les laisse au papa, aux tontons, et aux amis autour de lui.

    1. Comme toi ^^ J’adorais ça enfant, c’était même mon seul jeu longtemps, j’ai eu des poupées tardivement. J’avais un petit bus vert parisien, une voiture qui tirait une caravane et un avion.. que je les ai aimé ! Mais maintenant, là, adulte.. impossible de me faire rejouer à ça. Comme toi, je laisse ce soin à mon mari (qui lui, s’éclate ) 🙂 Alors moi aussi, je détourne. Malheureusement trop souvent, il n’en démord pas, il voudrait que je joue avec lui, aux voitures. *soupir*

Leave a Reply:

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *