Il suffit d'un mot

Life story – Une écriture qui s’échappe et que je laisse filer

dessin aquarelle fee dragon

Je plonge en moi. Je force le silence, je ferme les portes mais c’est moi que j’enferme. Je te cherche loin pour te poser noir sur blanc, et ce n’est pas la facilité qui me tombe sur le coin de l’encre. Quand je soulève une phrase, c’est toi qui vient. Onze années de silence poussiéreux, tu pèses onze années. Rien n’a passé. Je suis lourde de nos six années et ce qui s’écrit n’est jamais assez, jamais tout à fait ça, tout à fait juste. Je me demande pourquoi, ce que je fais, qui va s’écrire, de ce toi de ce moi de ce personne. Je laisse filer.

J’ai une écriture triste. Est-ce que ça ira pour toi ? Est-ce juste ? J’ai une écriture triste, je me rends triste juste à me lire. Parfois je me trompe, je m’écris moi je dis je au lieu de la dire elle. C’est un signe d’errance.
Je ne te réponds plus.
J’arrive trop tard dans ma vie. Je ne sais plus te cacher, j’embrouille le peu de sens que ça avait. Je me suis posée dans le juste après quand je dois écrire le juste avant, j’écris depuis un monde parallèle à toi et il n’en ressort que cette écriture triste. Il ne s’agit pas de banalité, je suis dans l’exactitude de l’après, ce qu’on ressent quand la première pelleté de terre a été envoyée sur le bois impeccable.

— Je ne dors plus.
— Il se passe quoi quand vous vous couchez ?
— Je reste dans ce lit et je le regarde dormir. Il dort si bien, je ne comprends pas comment il fait vous savez. Je ne sais pas.. Je me lève loin, de plus en plus loin de lui. Ou de moi. Les rêves dorment à ma place.
— Les rêves ?
— Ceux que je n’ai plus.

Triste
.
Tu ne me croyais jamais.

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