Aquarelle – On ne rentre pas chez soi

aquarelle planetes bleu rose

 
aquarelle planetes on ne rentre pas chez soi
 
 
 
 

Dessiner. Un peu.
Comme si je n’avais pas renoncé.
On ne rentre pas chez soi.

 
 
 
 
 
 
 
 

aquarelle planètes
 

Nous entrions en silence jusque dans nos pas. Le restaurant vide nous absorbait, indifférent. Le serveur nous faisait un signe vers les fenêtres, nous choisissions vers le mur et nous consentions à racler nos chaises pour remplir le silence. J’en tremblais, de ce silence. Il me tuait. Il ne te faisait rien. Que je meure sous tes yeux te faisait sourire, c’était un défi pour me faire craquer, parler la première. Et je perdais, je remplissais l’espace, tout bas. Je parlais toujours bas, pour ne pas déranger, pour ne pas trop souffrir. Ce n’était qu’un leurre, je souffrais juste moins fort dans tes oreilles.

Je ne sais pas ce qui était le plus épouvantable, ma peur des silences ou ta peur des mots.

A trop combler, les mots ne valent plus alors je te forçais, je te posais une question, une grande ouverte. Sur toi. Je te disais, je ne comprends pas comment il faisait ce drapeau là sur la lune, pour flotter alors qu’il n’y avait pas de vent – il ne flottait pas, me reprenais-tu. Ou je te demandais de m’expliquer les trous noirs. Ton regard s’éclairait ; cette question nous évitait, changeait d’atmosphère, je n’existais plus que dans mon regard qui devait fixer le tien. J’étais le trou noir, je manquais d’air, je m’effondrais à l’intérieur. Je mourrais dans la réponse qui nous enveloppait de silence, qui niait notre couple.

J’aurais dû arrêter de m’imaginer qu’avec le temps, tu allais plonger dans mon bruit.

 
 
 
 
 
 

 

 

ires sur “/span>

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *